"Il vaut mieux ne pas être invisible et assumer pleinement son statut de photographe. Pour inspirer confiance, il faut être conscient de son rôle et de la légitimité de photographe qui vous pousse à faire une photo. Si vous avez l'air sûr de vous, - jamais - vous ne vous attirerez des ennuis ou des commentaires désobligeants même en situation très délicate. Bref, être photographe dans sa tête avant de l'être dans la rue et s'assumer comme tel!"
François Stanislas
“I am not objective. I show what's going on, I speak my mind, I am human. You can feel my anger, my questions. There is no propaganda, my pictures tell the truth. I photograph the emotions.”
Stanley Greene
"La photographie est une brève complicité entre la prévoyance et le hasard"
John Stuart Mill
"Si ta photo n'est pas bonne, c'est que tu n'étais pas assez prés"
"La guerre c'est comme une actrice qui vieillit : de plus en plus dangereuse et de moins en moins photogénique"
"Les photos sont là, et il ne te reste plus qu'à les prendre"
Robert CAPA
"Vous n'avez pas besoin d'aller chercher les photos, la matière est généreuse. Vous sortez de chez vous et les photos sont là à vous regarder fixement"
Lee Friedlander
"Photographier c'est mettre sur la même ligne de mire la tête, l'oeil et le coeur. c'est une attitude, une façon d'être, une manière de vivre"
"La composition doit être une de nos préoccupations constantes, mais au moment de photographier elle ne peut être qu'intuitive, car nous sommes aux prises avec des instants fugitifs où les rapports sont mouvants."
"Le Temps court et s'écoule et notre mort seule arrive à le rattraper. La Photographie est un couperet qui dans l'éternité saisit l'instant qui l'a éblouie."
"S'il n'y a pas d'émotion, s'il n'y a pas un choc, si on ne réagit pas à la sensibilité, on ne doit pas prendre de photo. C'est la photo qui nous prend."
Henri Cartier Bresson
"Il faut garder des jardins secrets, ne pas tout piétiner. Ce n'est pas vrai qu'il faut tout montrer, ce n'est pas vrai.
Il faut garder toujours un espace préservé par la pudeur mais qui est pour les autres un espace de rêve dans lequel ils vont pouvoir bâtir..
L'image doit être une graine qui va germer dans l'esprit de l'autre, alors il faut laisser du jeu, et ne pas décrire, mais suggérer..."
Robert Doisneau
"Une photographie, c'est un fragment de temps qui ne reviendra pas".
Martine Franck
"Il faut aimer la solitude pour être photographe"
"Il faut être aggressif avec soi-même et discret avec les gens qu'on photographie"
Raymond Depardon
Blog de présentation des photos réalisées par Benoît Viallon. Toute utilisation non autorisée sera considérée comme frauduleuse.
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vendredi 20 janvier 2012
mercredi 26 janvier 2011
Courage

C'était il y a un an, jour pour jour.
Ma 1ère série au M.
Ma 1ère photo que j'ai traitée après l'avoir cadrée et composée à travers cet outil qui m'avait fait tant rêver.
Pour ce baptême photographique, j'avais contacté Philippe, de la famille de mon amie. Bucheron depuis plusieurs années, cela faisait quelques mois qu'il était à son compte. Il a accepté ma présence sans problème, fier de me faire découvrir son labeur.
J'ai pris une claque dans la tronche. Impressionné par la dureté de son travail. Impressionné par sa bonne humeur malgré les heures de labeur, malgré la fatigue qui grandit à mesure que que les minutes défilent.



C'était il y a un an, jour pour jour.
Ma 1ère série au M.
Ma 1ère photo au M. Tellement fier. Fier que ce soit Philippe dessus, immortalisé sur mon capteur à travers mon objectif.
Hier, le téléphone a sonné. Au bout du fil, on m'annonçait que Philippe avait eu un accident. Un arbre.. tombé du mauvais côté.. au mauvais endroit.. au mauvais moment.. en un instant.. Il souffre d'un traumatisme crânien et deux de ses vertèbres sont touchées. Pour l'instant il est dans le coma. On ne sait quelles vont être les séquelles.
C'est trop con la vie. ça tient à rien.
C'est trop con.
Un tronc.
Tangue, virevolte comme un putain de mikado,
et finalement.. finalement te fracasse le dos.
C'est trop con la vie. ça tient à rien.
Des centaines de fois tu l'as fait. Des centaines de fois tu l'aurais fait. Et là, patatras. La faute à pas de bol.
C'est trop con la vie. ça tient à rien.
Il parait que quand elle n'est pas hideuse, elle est magnifique. N'empêche, c'est trop con la vie, c'est pas juste la vie.
Courage Philippe
lundi 17 janvier 2011
Petit retour d'expérience..
Ce fut mon premier véritable voyage à l’étranger : l’Italie au collège et la Suisse pour les championnats du monde de monocycle n’avaient pas été effectués avec en filigrane l’envie d’être dépaysé. Cette fois-ci, je l’ai été. L’Islande est une contrée extraordinaire, au sens littéral du terme (extra-ordinaire): ses paysages sont autant de tableaux à nul autre pareil. Dépaysé, je l’ai été donc, mais pas forcément aux endroits où je le pensais, où je l’espérais. C’est le principal regret que je ressens, qui me laisse un goût amer, d’inachevé.
Lors de la préparation du voyage, j’ai sélectionné les lieux à visiter en fonction des photos qu’il m’a été possible de visualiser lors de mes nombreuses recherches. Bien entendu, j’ai parcouru de nombreuses fois de nombreux sites dédiés à la photographie de paysages islandais. J’en ai vu trop. Du trop lourd, fait dans des conditions dantesques. En comparaison, la réalité m’a parfois semblée fade, presque banale. Avec le recul, je mesure à quel point cette réalité était au contraire extraordinaire, exceptionnelle. Je retiendrais la leçon pour les prochaines fois !
Ce road trip a été jalonné de surprises, il s’est construit autour de lieux d’exception. Mais aussi de désillusions. Je n’y étais pas préparé. Mais c’est l’essence même du voyage. Tout ne peut être prévu, de nombreux éléments confèrent au périple une dose d’inattendu. D’autre part, il n’y a pas de beauté universelle, surtout pour les paysages. Chaque individu possédant une sensibilité qui lui est propre, le ressenti devant la nature varie énormément d’une personne à l’autre. Dans les guides et mes diverses lectures, l’accent était mis sur le sud de l’Islande, les régions jouxtant le Vatnajökull. A l’inverse, assez peu de détails relatifs aux Fjords de l’Ouest. Pourtant, alors que le Sud m’a assez peu emballé, pour ne pas dire déçu par moment, c’est cette région du nord ouest qui m’a conquis. C’est cette image que je retiendrais de l’Islande, alors même que l’on n’y a pas rencontré de conditions climatiques optimales. C’est dans cette région que j’aimerais retourner alors que les descriptions qui en étaient faites m’avaient presque convaincu de ne pas y aller…
Cette éventualité d’un hypothétique retour en Islande me rappelle d’ailleurs un autre élément que je souhaitais évoquer : lors de l’élaboration du road book, il avait été pris comme postulat que l’on voulait voir le plus de choses possibles, quitte à revenir plus tard. J’ai malheureusement perdu de vue ce principe une fois sur place. Lors de journées chargées en kilomètres (la 1ère semaine), j’ai eu le sentiment de survoler, d’aller trop vite, de ne pas profiter. D’où ce sentiment d’inachevé, renforcé par les déceptions ressenties lors des visites du Sud.
Voilà, j’en ai fini avec le chapitre regrets/bonnes résolutions. Je peux à présent passer à tout le reste. Et quel reste…
La liste est grande… Par où commencer ? Je n’ai pas assez de mots, d’adjectifs, pour décrire et qualifier ce que j’ai pu admirer en Islande. Tant d'images me reviennent.. L'Islande est une faille de l'espace-temps. Une fois là-bas, plus rien ne compte. La vie d'avant, le temps qui passe, n'existent plus. Et la vie d'après en est changée à tout jamais.
Trop de choses à dire, trop de choses à raconter..
La vie sur place ? L’immensité des espaces, la solitude, la toute puissance de la nature qui donne à l’Humanité une leçon d’humilité. Comment vivent les Islandais,, quelles ressources pour un habitant des Fjords de l’Ouest ou dans la région de Raufarhöfn (à la toute extrémité nord est) ? J’ai pu profiter de leur accueil, de leur bonne humeur, mais le road book chargé, ma timidité, à moins que ce ne soit mon anglais perfectible, m’ont empêché de les connaître, de les comprendre. En attendant mieux, j’espère me souvenir le plus longtemps possible du « Here we go !! » façon Mario Bross lancé en guise de bon appétit par le serveur d’un resto guindé d’Akureyri. Le symbole de leur simplicité et de leur hospitalité.
Pour moi, l’Islande, c’était le monde occidental, ses banques, sa société de consommation… Bref, comme chez nous. Et bien non, pas comme chez nous. Des sourires en permanence vissés sur leur visages, les Islandais vivent dans un environnement exceptionnel, de par sa beauté et sa rudesse. Et cet environnement, ils le chérissent. C’est leur identité. C’est leur richesse. C’est leur Histoire. C’est leur vie. Alors ils le protègent. Pas à un endroit je n’ai vu de sac plastique, de déchet alimentaire. C’est véridique. Pourtant, bien souvent, il n’y a pas de poubelle à des kilomètres à la ronde. Partout, c’est impeccables, les toilettes pareillement.. Au retour, l’atterrissage à Charles de Gaulle à 5h du mat’ a quelque peu été difficile. J’avais la nausée. J’étais effrayé, apeuré. Comme si je n’était pas à ma place, dans un mode qui marche à l’envers. Le choc culturel, je l’ai pris dans la face au retour..
Les paysages ? Variés, infinis, surprenants… ou bien contrastés, inattendus, verdoyants, lunaires, désertiques… Un mélange de couleur permanent:
Le vert de la mousse sur le lit brun des pierres de lave au pied des masses sombre que sont les montagnes.
Le blanc des glaciers face au noir du sable et des cendres.
Le vert, le gris, l'ocre, le rouge, le blanc, le bleu.. unis par l'activité géothermique.
La nature ? Majestueuse, originelle, terrible et fragile selon la focale d’analyse. Puissante, magique, voire même onirique… Des changements d'aspects inattendus, violents. Nos perceptions et nos visions conditionnés par les conditions climatiques et atmosphériques en perpétuelle fluctuation. Je me rappelle la tristesse du Jökulsárlón sous un ciel bas, pluvieux et brumeux, sans commune mesure avec l'éclat, la majesté de ce même lieu le lendemain, sous un ciel laissant le soleil dévoiler les nuances bleutées des icebergs.
Et les oiseaux ? Magnifiques, nombreux, agressifs, piailleurs, majestueux… Malgré la rudesse du climat et la force des vents qui confèrent au lieu une dimension tragique en plus de la dimension grandiose induite par leur hauteur, les falaises de Látrabjarg sont peuplées par la plus grande colonie de macareux au monde. Cette petite boule de poils de 500 gr parvient à vivre 44 ans, malgré les migrations, malgré les prédateurs à plumes et à poils.. Une leçon, une claque, une révélation. Les falaises de Látrabjarg me hantent autant qu'elles m'enchantent. Pas un jour sans que je n'y repense. Je ferme les yeux, et je m'envole là bas.
L'Islande est une faille de l'espace-temps. Une fois là-bas, plus rien ne compte. La vie d'avant, le temps qui passe, n'existent plus. Et la vie d'après en est changée à tout jamais.
La liste est grande… Par où commencer ? Je n’ai pas assez de mots, d’adjectifs, pour décrire et qualifier ce que j’ai pu admirer en Islande. Tant de visions me reviennent..
Je vous prends par la main, et vous fait atterrir sur la terre de feu.
Lors de la préparation du voyage, j’ai sélectionné les lieux à visiter en fonction des photos qu’il m’a été possible de visualiser lors de mes nombreuses recherches. Bien entendu, j’ai parcouru de nombreuses fois de nombreux sites dédiés à la photographie de paysages islandais. J’en ai vu trop. Du trop lourd, fait dans des conditions dantesques. En comparaison, la réalité m’a parfois semblée fade, presque banale. Avec le recul, je mesure à quel point cette réalité était au contraire extraordinaire, exceptionnelle. Je retiendrais la leçon pour les prochaines fois !
Ce road trip a été jalonné de surprises, il s’est construit autour de lieux d’exception. Mais aussi de désillusions. Je n’y étais pas préparé. Mais c’est l’essence même du voyage. Tout ne peut être prévu, de nombreux éléments confèrent au périple une dose d’inattendu. D’autre part, il n’y a pas de beauté universelle, surtout pour les paysages. Chaque individu possédant une sensibilité qui lui est propre, le ressenti devant la nature varie énormément d’une personne à l’autre. Dans les guides et mes diverses lectures, l’accent était mis sur le sud de l’Islande, les régions jouxtant le Vatnajökull. A l’inverse, assez peu de détails relatifs aux Fjords de l’Ouest. Pourtant, alors que le Sud m’a assez peu emballé, pour ne pas dire déçu par moment, c’est cette région du nord ouest qui m’a conquis. C’est cette image que je retiendrais de l’Islande, alors même que l’on n’y a pas rencontré de conditions climatiques optimales. C’est dans cette région que j’aimerais retourner alors que les descriptions qui en étaient faites m’avaient presque convaincu de ne pas y aller…
Cette éventualité d’un hypothétique retour en Islande me rappelle d’ailleurs un autre élément que je souhaitais évoquer : lors de l’élaboration du road book, il avait été pris comme postulat que l’on voulait voir le plus de choses possibles, quitte à revenir plus tard. J’ai malheureusement perdu de vue ce principe une fois sur place. Lors de journées chargées en kilomètres (la 1ère semaine), j’ai eu le sentiment de survoler, d’aller trop vite, de ne pas profiter. D’où ce sentiment d’inachevé, renforcé par les déceptions ressenties lors des visites du Sud.
Voilà, j’en ai fini avec le chapitre regrets/bonnes résolutions. Je peux à présent passer à tout le reste. Et quel reste…
La liste est grande… Par où commencer ? Je n’ai pas assez de mots, d’adjectifs, pour décrire et qualifier ce que j’ai pu admirer en Islande. Tant d'images me reviennent.. L'Islande est une faille de l'espace-temps. Une fois là-bas, plus rien ne compte. La vie d'avant, le temps qui passe, n'existent plus. Et la vie d'après en est changée à tout jamais.
Trop de choses à dire, trop de choses à raconter..
La vie sur place ? L’immensité des espaces, la solitude, la toute puissance de la nature qui donne à l’Humanité une leçon d’humilité. Comment vivent les Islandais,, quelles ressources pour un habitant des Fjords de l’Ouest ou dans la région de Raufarhöfn (à la toute extrémité nord est) ? J’ai pu profiter de leur accueil, de leur bonne humeur, mais le road book chargé, ma timidité, à moins que ce ne soit mon anglais perfectible, m’ont empêché de les connaître, de les comprendre. En attendant mieux, j’espère me souvenir le plus longtemps possible du « Here we go !! » façon Mario Bross lancé en guise de bon appétit par le serveur d’un resto guindé d’Akureyri. Le symbole de leur simplicité et de leur hospitalité.
Pour moi, l’Islande, c’était le monde occidental, ses banques, sa société de consommation… Bref, comme chez nous. Et bien non, pas comme chez nous. Des sourires en permanence vissés sur leur visages, les Islandais vivent dans un environnement exceptionnel, de par sa beauté et sa rudesse. Et cet environnement, ils le chérissent. C’est leur identité. C’est leur richesse. C’est leur Histoire. C’est leur vie. Alors ils le protègent. Pas à un endroit je n’ai vu de sac plastique, de déchet alimentaire. C’est véridique. Pourtant, bien souvent, il n’y a pas de poubelle à des kilomètres à la ronde. Partout, c’est impeccables, les toilettes pareillement.. Au retour, l’atterrissage à Charles de Gaulle à 5h du mat’ a quelque peu été difficile. J’avais la nausée. J’étais effrayé, apeuré. Comme si je n’était pas à ma place, dans un mode qui marche à l’envers. Le choc culturel, je l’ai pris dans la face au retour..
Les paysages ? Variés, infinis, surprenants… ou bien contrastés, inattendus, verdoyants, lunaires, désertiques… Un mélange de couleur permanent:
Le vert de la mousse sur le lit brun des pierres de lave au pied des masses sombre que sont les montagnes.
Le blanc des glaciers face au noir du sable et des cendres.
Le vert, le gris, l'ocre, le rouge, le blanc, le bleu.. unis par l'activité géothermique.
La nature ? Majestueuse, originelle, terrible et fragile selon la focale d’analyse. Puissante, magique, voire même onirique… Des changements d'aspects inattendus, violents. Nos perceptions et nos visions conditionnés par les conditions climatiques et atmosphériques en perpétuelle fluctuation. Je me rappelle la tristesse du Jökulsárlón sous un ciel bas, pluvieux et brumeux, sans commune mesure avec l'éclat, la majesté de ce même lieu le lendemain, sous un ciel laissant le soleil dévoiler les nuances bleutées des icebergs.
Et les oiseaux ? Magnifiques, nombreux, agressifs, piailleurs, majestueux… Malgré la rudesse du climat et la force des vents qui confèrent au lieu une dimension tragique en plus de la dimension grandiose induite par leur hauteur, les falaises de Látrabjarg sont peuplées par la plus grande colonie de macareux au monde. Cette petite boule de poils de 500 gr parvient à vivre 44 ans, malgré les migrations, malgré les prédateurs à plumes et à poils.. Une leçon, une claque, une révélation. Les falaises de Látrabjarg me hantent autant qu'elles m'enchantent. Pas un jour sans que je n'y repense. Je ferme les yeux, et je m'envole là bas.
L'Islande est une faille de l'espace-temps. Une fois là-bas, plus rien ne compte. La vie d'avant, le temps qui passe, n'existent plus. Et la vie d'après en est changée à tout jamais.
La liste est grande… Par où commencer ? Je n’ai pas assez de mots, d’adjectifs, pour décrire et qualifier ce que j’ai pu admirer en Islande. Tant de visions me reviennent..
Je vous prends par la main, et vous fait atterrir sur la terre de feu.
dimanche 16 janvier 2011
Eblouissant. Saisissant. Surprenant. Emouvant. Envoutant.
L'Islande est une faille de l'espace-temps. Une fois là-bas, plus rien ne compte. La vie d'avant, le temps qui passe, n'existent plus. Et la vie d'après en est changée à tout jamais.
On m’avait mis en garde. Juillet et août, pic de la saison touristique… Il y aurait foule… Soit. Dans le Sud, par certains moments, on s’est de nouveaux retrouvés confrontés à la vie en société. Mais sans commune mesure avec ce que j’appréhendais. L’Est et le Sud de l’île sont relativement peuplés. N’empêche..
Certains jours l’Islande nous a parue moins peuplée que le Sahara. Nous l’avons sillonnée 15 jours durant, avalé 4000 km de ses routes qui nous ont fait traverser des paysages et des sites magnifiquement préservés, tantôt fous et furieux, tantôt fragiles, tantôt ordonnés comme un jardin zen.
Tour à tour nous avons eu l’impression d’être à Etretat, en Mongolie, au Canada, en Afghanistan, au Nevada … ou dans une Auvergne des origines. Nous avons atteint des lieux dont on ne pouvait imaginer l’existence sur Terre. Parfois, nous avons cru nous être posés sur la Lune.
Les pistes qui mènent à ce capharnaüm, cet enchevêtrement de paysages tellement différents, sont ensorceleuses. Douces comme la soie quand elles s’étalent sur le sable, chaotiques quand elles traversent un champ de lave, elles sont la seul trace de civilisation dans bien des endroits en Islande.
En hiver, la neige ferme ces veines qui irriguent un vide qui semble stérile, dans lequel on ne décèle pas d’âme qui vive. Au printemps, les pistes couvertes de boue sont impraticables. En octobre, la nuit revient glacer ces chemins de la solitude. Seule fenêtre climatique, le bref été subarctique redonne vie à ce monde fantasque et fantastique…
L’ultime désert européen… En formation perpétuelle… Prêt à se détruire pour renaître de ses cendres, au sens le plus littéral qui soit. Fissuré par le feu de 250 volcans. Façonné par la furie de centaines de rivières. Cette terre est balayée par des vents si violents que selon la légende d’« Eyvindur des Montagnes », même un homme vigoureux et bien couvert ne survivrait pas.
L’Islande, l’ultime désert européen… La terre ultime.. L’Ultima Thulé de Pytheas.
On m’avait mis en garde. Juillet et août, pic de la saison touristique… Il y aurait foule… Soit. Dans le Sud, par certains moments, on s’est de nouveaux retrouvés confrontés à la vie en société. Mais sans commune mesure avec ce que j’appréhendais. L’Est et le Sud de l’île sont relativement peuplés. N’empêche..
Certains jours l’Islande nous a parue moins peuplée que le Sahara. Nous l’avons sillonnée 15 jours durant, avalé 4000 km de ses routes qui nous ont fait traverser des paysages et des sites magnifiquement préservés, tantôt fous et furieux, tantôt fragiles, tantôt ordonnés comme un jardin zen.
Tour à tour nous avons eu l’impression d’être à Etretat, en Mongolie, au Canada, en Afghanistan, au Nevada … ou dans une Auvergne des origines. Nous avons atteint des lieux dont on ne pouvait imaginer l’existence sur Terre. Parfois, nous avons cru nous être posés sur la Lune.
Les pistes qui mènent à ce capharnaüm, cet enchevêtrement de paysages tellement différents, sont ensorceleuses. Douces comme la soie quand elles s’étalent sur le sable, chaotiques quand elles traversent un champ de lave, elles sont la seul trace de civilisation dans bien des endroits en Islande.
En hiver, la neige ferme ces veines qui irriguent un vide qui semble stérile, dans lequel on ne décèle pas d’âme qui vive. Au printemps, les pistes couvertes de boue sont impraticables. En octobre, la nuit revient glacer ces chemins de la solitude. Seule fenêtre climatique, le bref été subarctique redonne vie à ce monde fantasque et fantastique…
L’ultime désert européen… En formation perpétuelle… Prêt à se détruire pour renaître de ses cendres, au sens le plus littéral qui soit. Fissuré par le feu de 250 volcans. Façonné par la furie de centaines de rivières. Cette terre est balayée par des vents si violents que selon la légende d’« Eyvindur des Montagnes », même un homme vigoureux et bien couvert ne survivrait pas.
L’Islande, l’ultime désert européen… La terre ultime.. L’Ultima Thulé de Pytheas.
samedi 15 janvier 2011
Ultima Thulé
Thulé est une île légendaire que les Anciens situaient vers l’Islande. Il s’agissait, selon la légende, d’une île marquant la limite du monde, l’extrémité de la terre connue. Thulé personnifiait, en fait, la limite destinée à être dépassée, la limite géographique, certes, mais aussi, dans l’absolu, toutes les limites – physiques, affectives, intellectuelles, spirituelles – et la possibilité pour l’homme d’exception d’aller au-delà de cette limite, c’est-à-dire, de transcender par sa quête, son action et ses mérites, sa condition.
Quelle origine étymologique ? On pourrait raccrocher ce terme à la culture hellénistique. Ainsi, Thulé pourrait découler de « Tele » signifiant « loin de », ou bien « Tholos », que l’on pourrait traduire par brouillard. Une autre acceptation valable du point de vue étymologique, serait celle de Samivel, voyageur et alpiniste chevronné. Dans son livre l’Or de l’Islande il propose une origine celtique : « Thual », ce qui veut dire la Terre du Nord...
Le pouvoir que contiennent ces deux syllabes de Thulé est empli de mystère. Il suffit de les prononcer, devant le feu qui brûle devant la cheminée, et aussitôt les yeux s’emplissent de quelques rêves d’explorateur. Pour comprendre ce mythe il faut s’embarquer, pénétrer les bancs de brume et tenter de franchir ce mur gris, opaque, impénétrable, où le ciel et la mer se confondent en un même instant palpable et glacial, qui barre la route et défend à jamais les mystères de Thulé.
C’est le navigateur marseillais Pythéas (fin IVe / début IIIe siècle av. J.C.), qui en premier a décrit et localisé Thulé. L’historien et géographe antique grec Strabon, bien que critique, rapporte les dires de Pythéas dans son ouvrage De Geographia (2.5.8) : « Thulé, la plus septentrionale des îles bretonnes, est la limite extrême. Elle se trouve à l’endroit où le tropique d’été se confond avec le cercle arctique ». Ultima Thulé au sens de la terre ultime, la terre extrême, la plus au nord… Les seuls reliquats tangibles des récits de Pythéas sont les écrits de Strabon. En effet, la totalité des travaux et carnets de voyage du Marseillais a disparu dans l’incendie de la bibliothèque d’Alexandrie.
Pythéas le massaliote reste le seul navigateur connu de l’Antiquité qui soit allé jusqu’à Thulé. On imagine mal aujourd’hui la somme de connaissances et de courage qu’il a fallu pour arriver jusqu'à l’île mystérieuse des hyperboréens. Le mythe de Thulé c’est aussi, cette grande saga maritime, cet affrontement de l’homme avec l’océan et avec la peur : Pythéas donne à la légende sa véritable dimension.
Identifier Thulé a longtemps préoccupé géographes et historiens. On peine à comprendre les hésitations où les erreurs de tous ceux qui ont essayé de situer Thulé ailleurs qu’en Islande. Car bien que fragmentaire, le témoignage de Pythéas sur cette découverte est capital. Selon lui, Thulé se trouve à six jours de navigation du pays des Pictes. Apparemment il a mis sept jours Pour couvrir les milles kilomètres qui séparent les caps pyrénéens du Roussillon et le détroit de Gibraltar. Le trajet de l’Ecosse à l’Islande, par les Iles Féroé, représente environ la même distance de mille kilomètres. Pythéas situe par ailleurs, Thulé, au nord de la Grande-Bretagne. Son trajet l’amène obligatoirement vers l’Islande.
Cette île mystérieuse, beaucoup on voulu la situer avec précision sur la carte, sans d’ailleurs, très bien comprendre que l’Ultima Thulé reste, même au temps de Pythéas, un symbole spirituel, bien plus que géographique. Il faut comprendre que Thulé l’Ultime, n’est pas Thulé l’Unique : spirituellement Thulé reste une île sacrée, comme Iona pour les Celtes et Héligoland pour les Germains. Dès la plus haute Antiquité, Thulé devient l’île solsticiale par excellence.. Ultima Thulé désigne ainsi toutes les terres boréales.
Le fait que Thulé puisse ainsi renvoyer à différents lieux géographiques laisse entrevoir des similitudes avec une autre île antique et mythique, l’Atlantide. Le symbole de ce rapprochement entre Thulé et l’Atlantide se retrouve dans un texte du XII ème siècle. Honorious Augustutodunensis évoque l’Île Perdue « qui se cache à la vue des hommes, est parfois découverte par hasard, mais devient introuvable dès qu’on la cherche. » Ici Thulé l’ultime devient Thulé l’inaccessible..
Pour moi aussi, l'Islande était inaccessible. Au nord, tout au nord.. Pays de feu, de glace, d'aurores boréales.. Un fantasme de géographe et de fou de nature. Un lieu unique, à nul autre pareil. La terre ultime, où la nature grandiose dicte sa loi, où l'Homme est confronté à des conditions de vie exceptionnelles.
Pour moi aussi, l'Islande est l'Ultima Thulé ...
Quelle origine étymologique ? On pourrait raccrocher ce terme à la culture hellénistique. Ainsi, Thulé pourrait découler de « Tele » signifiant « loin de », ou bien « Tholos », que l’on pourrait traduire par brouillard. Une autre acceptation valable du point de vue étymologique, serait celle de Samivel, voyageur et alpiniste chevronné. Dans son livre l’Or de l’Islande il propose une origine celtique : « Thual », ce qui veut dire la Terre du Nord...
Le pouvoir que contiennent ces deux syllabes de Thulé est empli de mystère. Il suffit de les prononcer, devant le feu qui brûle devant la cheminée, et aussitôt les yeux s’emplissent de quelques rêves d’explorateur. Pour comprendre ce mythe il faut s’embarquer, pénétrer les bancs de brume et tenter de franchir ce mur gris, opaque, impénétrable, où le ciel et la mer se confondent en un même instant palpable et glacial, qui barre la route et défend à jamais les mystères de Thulé.
C’est le navigateur marseillais Pythéas (fin IVe / début IIIe siècle av. J.C.), qui en premier a décrit et localisé Thulé. L’historien et géographe antique grec Strabon, bien que critique, rapporte les dires de Pythéas dans son ouvrage De Geographia (2.5.8) : « Thulé, la plus septentrionale des îles bretonnes, est la limite extrême. Elle se trouve à l’endroit où le tropique d’été se confond avec le cercle arctique ». Ultima Thulé au sens de la terre ultime, la terre extrême, la plus au nord… Les seuls reliquats tangibles des récits de Pythéas sont les écrits de Strabon. En effet, la totalité des travaux et carnets de voyage du Marseillais a disparu dans l’incendie de la bibliothèque d’Alexandrie.
Pythéas le massaliote reste le seul navigateur connu de l’Antiquité qui soit allé jusqu’à Thulé. On imagine mal aujourd’hui la somme de connaissances et de courage qu’il a fallu pour arriver jusqu'à l’île mystérieuse des hyperboréens. Le mythe de Thulé c’est aussi, cette grande saga maritime, cet affrontement de l’homme avec l’océan et avec la peur : Pythéas donne à la légende sa véritable dimension.
Identifier Thulé a longtemps préoccupé géographes et historiens. On peine à comprendre les hésitations où les erreurs de tous ceux qui ont essayé de situer Thulé ailleurs qu’en Islande. Car bien que fragmentaire, le témoignage de Pythéas sur cette découverte est capital. Selon lui, Thulé se trouve à six jours de navigation du pays des Pictes. Apparemment il a mis sept jours Pour couvrir les milles kilomètres qui séparent les caps pyrénéens du Roussillon et le détroit de Gibraltar. Le trajet de l’Ecosse à l’Islande, par les Iles Féroé, représente environ la même distance de mille kilomètres. Pythéas situe par ailleurs, Thulé, au nord de la Grande-Bretagne. Son trajet l’amène obligatoirement vers l’Islande.
Cette île mystérieuse, beaucoup on voulu la situer avec précision sur la carte, sans d’ailleurs, très bien comprendre que l’Ultima Thulé reste, même au temps de Pythéas, un symbole spirituel, bien plus que géographique. Il faut comprendre que Thulé l’Ultime, n’est pas Thulé l’Unique : spirituellement Thulé reste une île sacrée, comme Iona pour les Celtes et Héligoland pour les Germains. Dès la plus haute Antiquité, Thulé devient l’île solsticiale par excellence.. Ultima Thulé désigne ainsi toutes les terres boréales.
Le fait que Thulé puisse ainsi renvoyer à différents lieux géographiques laisse entrevoir des similitudes avec une autre île antique et mythique, l’Atlantide. Le symbole de ce rapprochement entre Thulé et l’Atlantide se retrouve dans un texte du XII ème siècle. Honorious Augustutodunensis évoque l’Île Perdue « qui se cache à la vue des hommes, est parfois découverte par hasard, mais devient introuvable dès qu’on la cherche. » Ici Thulé l’ultime devient Thulé l’inaccessible..
Pour moi aussi, l'Islande était inaccessible. Au nord, tout au nord.. Pays de feu, de glace, d'aurores boréales.. Un fantasme de géographe et de fou de nature. Un lieu unique, à nul autre pareil. La terre ultime, où la nature grandiose dicte sa loi, où l'Homme est confronté à des conditions de vie exceptionnelles.
Pour moi aussi, l'Islande est l'Ultima Thulé ...
mercredi 16 juin 2010
Friche RVI
Lors de mon reportage sur Thé Perché, les membres de la Cie Prise de Pied avaient évoqué avec moi LA FRICHE, cet espace dans lequel ils répêtent, travaillent, échangent et entreposent leur matos.
LA FRICHE. Un nom qui renvoie dans mon imaginaire à un passé industriel, à des lieux pétris d'histoire. Un espace forcément photogénique car buriné par les années et les Hommes. Si l'on appréhende un tel milieu à travers le prisme de l'émulation artistique, cela débouche forcément sur un sujet de reportage comme je me mets à les aimer, avec des histoires, de l'humain que mes photos peuvent magnifier grâce à la présence d'un environnement esthétique.
Vincent (le porteur de Thé Perché) m'avait informé que le lieu allait bientôt fermer, que le Grand Lyon souhaitait utiliser cet espace en friche dans le cadre d'un programme de rénovation urbaine. A cause du taf' à la stat', à cause de la préparation de l'Islande, à cause de la recherche de notre appart', à cause de la flemme que malheureusement j'éprouve de plus en plus souvent, j'avais remis à plus tard la découverte de ce lieu. Par hasard, je suis tombé sur un article qui lui était consacré dans un Gratuit Lyonnais. Le caractère imminent que revêt désormais la fermeture du site m'a enfin sauté aux yeux, faisant pour moi l'effet d'un électrochoc. Ni une ni deux, un appel à Vincent plus loin, me voilà au téléphone avec Omar, un membre du CFA RVI. CFA pour Collectif Friche Artistique/Autogérée/Anarchique (le sens du A différant selon les sensibilités) et RVI pour Renault Véhicule Industriel.
Rendez-vous est pris le 16 Juin à 14H pour une visite guidée par Omar.

Petit historique des lieux:
Activité industriel par Renault jusqu'au début des années 2000. Fermeture usine, acquisition par le Grand Lyon. Pendant quelques années, c'est une zone de quasi non-droit, alors que l'emplacement de ce site est en pleine zone urbaine (rue Feuillat, entre l'avenue Lacassagne et le cours Albert Thomas). Squatteurs, tagueurs, junkies cohabitent dans un joyeux foutoir rythmé par des rodéos dans cet espace dont les volumes dépassent l'imaginaire. Excusez du peu : 70 000 m2 de locaux avec un minimum de cloisonnement. Soit 7 hectares de ville dans la ville.
Rapidement, des artistes prennent possession des lieux. Le Grand Lyon propose en 2002 de laisser la gestion du site à une structure associative. C'est l'émergence du CFA RVI, instance qui s'apparente à un interlocuteur pour les pouvoirs publics ayant permis de rédiger une charte de "bonne conduite" plus qu'à une organisation garant du "vivre ensemble".
Cette spécificité génère aujourd'hui l'absence de structuration du mouvement de contestation vis à vis de la fermeture du site. Les différents groupes, de différentes mouvances artistiques et politiques, cohabitent plus qu'ils ne vivent ensembles, partageant plus l'espace que des valeurs ou une ligne politique. Au final, la démesure des lieux à inhibé l'émergence d'une culture commune mais à produit une mosaïque d'influences.

Bon, trêves de palabres, entamons la visite.
J'ai été frappé par la quasi insalubrité des lieux. Alors que je m'attendais à un lieu haut en couleurs, une sorte d'Auberge Espagnole pour artistes, j'ai finalement découvert un espace assez sombre, désordonné. Un espace dans lequel les déchets s'amoncèlent à proximité des lieux de vie ou de travail. Un espace dans lequel l'urine et la sueur cohabitent avec des effluves chimiques pour constituer l'environnement olfactif des lieux.


L'éclectisme des influences induit par la très grande diversité des résidents est cependant gommé dans les espaces de vie. On retrouve ainsi beaucoup de yourtes, que l'on croise au détour d'un couloir de tôles...

Un peu déçu par les lieux en eux-mêmes, je me suis focalisé sur ceux qui y travaillent, sur leur univers. Je me suis attaché à cadrer en intégrant des fonds colorés, comme pour immiscer une touche d'espoir et de gaité dans cet univers un peu sombre dont l'avenir s'inscrit en pointillé...

`



Même une équipe télé était présente pour immortaliser La Friche avant qu'elle ne disparaisse.

Cet univers qui s'assombrit pour ceux qui vivent et travaillent dans La Friche, c'est ce sur quoi je souhaite clôturer ce reportage.

La tristesse, le désarroi de ce danseur qui ne sait pas de quoi demain sera fait. Logement, espace de travail... Tout sera à refaire, à retrouver après l'expulsion. A la fin de l'été 2010. Demain quoi.. D'ici là, vous pourrez encore visiter les lieux, visite qui vaut plus pour la richesse de ceux dont vous croiserez le chemin que pour le bâti en lui même.
LA FRICHE. Un nom qui renvoie dans mon imaginaire à un passé industriel, à des lieux pétris d'histoire. Un espace forcément photogénique car buriné par les années et les Hommes. Si l'on appréhende un tel milieu à travers le prisme de l'émulation artistique, cela débouche forcément sur un sujet de reportage comme je me mets à les aimer, avec des histoires, de l'humain que mes photos peuvent magnifier grâce à la présence d'un environnement esthétique.
Vincent (le porteur de Thé Perché) m'avait informé que le lieu allait bientôt fermer, que le Grand Lyon souhaitait utiliser cet espace en friche dans le cadre d'un programme de rénovation urbaine. A cause du taf' à la stat', à cause de la préparation de l'Islande, à cause de la recherche de notre appart', à cause de la flemme que malheureusement j'éprouve de plus en plus souvent, j'avais remis à plus tard la découverte de ce lieu. Par hasard, je suis tombé sur un article qui lui était consacré dans un Gratuit Lyonnais. Le caractère imminent que revêt désormais la fermeture du site m'a enfin sauté aux yeux, faisant pour moi l'effet d'un électrochoc. Ni une ni deux, un appel à Vincent plus loin, me voilà au téléphone avec Omar, un membre du CFA RVI. CFA pour Collectif Friche Artistique/Autogérée/Anarchique (le sens du A différant selon les sensibilités) et RVI pour Renault Véhicule Industriel.
Rendez-vous est pris le 16 Juin à 14H pour une visite guidée par Omar.

Petit historique des lieux:
Activité industriel par Renault jusqu'au début des années 2000. Fermeture usine, acquisition par le Grand Lyon. Pendant quelques années, c'est une zone de quasi non-droit, alors que l'emplacement de ce site est en pleine zone urbaine (rue Feuillat, entre l'avenue Lacassagne et le cours Albert Thomas). Squatteurs, tagueurs, junkies cohabitent dans un joyeux foutoir rythmé par des rodéos dans cet espace dont les volumes dépassent l'imaginaire. Excusez du peu : 70 000 m2 de locaux avec un minimum de cloisonnement. Soit 7 hectares de ville dans la ville.
Rapidement, des artistes prennent possession des lieux. Le Grand Lyon propose en 2002 de laisser la gestion du site à une structure associative. C'est l'émergence du CFA RVI, instance qui s'apparente à un interlocuteur pour les pouvoirs publics ayant permis de rédiger une charte de "bonne conduite" plus qu'à une organisation garant du "vivre ensemble".
Cette spécificité génère aujourd'hui l'absence de structuration du mouvement de contestation vis à vis de la fermeture du site. Les différents groupes, de différentes mouvances artistiques et politiques, cohabitent plus qu'ils ne vivent ensembles, partageant plus l'espace que des valeurs ou une ligne politique. Au final, la démesure des lieux à inhibé l'émergence d'une culture commune mais à produit une mosaïque d'influences.

Bon, trêves de palabres, entamons la visite.
J'ai été frappé par la quasi insalubrité des lieux. Alors que je m'attendais à un lieu haut en couleurs, une sorte d'Auberge Espagnole pour artistes, j'ai finalement découvert un espace assez sombre, désordonné. Un espace dans lequel les déchets s'amoncèlent à proximité des lieux de vie ou de travail. Un espace dans lequel l'urine et la sueur cohabitent avec des effluves chimiques pour constituer l'environnement olfactif des lieux.


L'éclectisme des influences induit par la très grande diversité des résidents est cependant gommé dans les espaces de vie. On retrouve ainsi beaucoup de yourtes, que l'on croise au détour d'un couloir de tôles...

Un peu déçu par les lieux en eux-mêmes, je me suis focalisé sur ceux qui y travaillent, sur leur univers. Je me suis attaché à cadrer en intégrant des fonds colorés, comme pour immiscer une touche d'espoir et de gaité dans cet univers un peu sombre dont l'avenir s'inscrit en pointillé...

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Même une équipe télé était présente pour immortaliser La Friche avant qu'elle ne disparaisse.

Cet univers qui s'assombrit pour ceux qui vivent et travaillent dans La Friche, c'est ce sur quoi je souhaite clôturer ce reportage.

La tristesse, le désarroi de ce danseur qui ne sait pas de quoi demain sera fait. Logement, espace de travail... Tout sera à refaire, à retrouver après l'expulsion. A la fin de l'été 2010. Demain quoi.. D'ici là, vous pourrez encore visiter les lieux, visite qui vaut plus pour la richesse de ceux dont vous croiserez le chemin que pour le bâti en lui même.
samedi 10 avril 2010
ça avance...
Pas de photos ces derniers temps, j'étais bien pris par les réservations et l'organisation de l'hébergement sur la terre de feu.
J'ai tout calé, 14 nuits en auberges de jeunesse. Mes choix ont été guidé uniquement par des considérations purement géographiques, pour que l'on puisse faire le tour de l'île en 2 semaines.
Le paiement a été effectué hier.. Ouf! L'hôtesse qui a traité mon dossier a fait preuve d'une patience et d'une réactivité à toute épreuve. Quelques quiproquo malgré tout, quelques angoisses, mais finalement c'est tout bon. Et puis au moins je me suis remis à l'Anglais!!
Heureusement qu'il y a eu la crise économique qui est en train de terrasser leurs finances et leur monnaie. Pour info, on en a pour un peu plus de 2200 euros d'hébergement et de location de voiture pour les 14 jours. J'ai fait la transaction alors que le taux de change était optimal, à 1€ = 172,51 ISK (Couronne Islandaise). En 2008, avant la crise, le rapport monétaire donnait 1 € = 75 ISK. CQFD... Baisse de 56% des prix donc!
Maintenant que je sais où l'on va dormir, je vais pouvoir attaquer la préparation du road book, afin de savoir ce qui va remplir nos journées là bas.
Des amis nous ont prêté le Routard et le Petit Fûté. J'ai trouvé 3 blogs également forts intéressants sur le net, retraçant les différentes étapes de road trips en Islande. Et le must du must : j'ai réussi à récupérer sur le oueb des scans d'une carte topo au 1/300000ème de l'Islande. 16 scans en JPG, en assez bonne définition, couvrent l'ensemble de l'île. Je les ai assemblés sous Illustrator, et donc je vais pouvoir confectionner mon road book à partir de ce support on ne peut plus précis. J'aurais à la fois les distances kilométriques et la qualité du substra, mais également l'emplacement précis des centres d'intérêts. Ca me prend énormément de temps, mais le jeu en vaut la chandelle. Je veux minimiser le plus possible les aléas et les paramètres inconnus afin de profiter au mieux du séjour et d'optimiser au maximum le temps passé sur place.
Je fais donc pas mal de recherche, sur les lieux, les éléments à voir. Incontournables, touristiques, l'heure la plus propice pour s'y rendre, les conditions d'accès... Bref, autant de paramètres pour faire des choix, parce que tout ne pourra être vu ou visité..
J'attaque donc mon mémoire de Recherche de Master 3 intitulé "Quelles opportunités touristiques entres les 63 et 66èmes degrés nord?"
J'ai tout calé, 14 nuits en auberges de jeunesse. Mes choix ont été guidé uniquement par des considérations purement géographiques, pour que l'on puisse faire le tour de l'île en 2 semaines.
Le paiement a été effectué hier.. Ouf! L'hôtesse qui a traité mon dossier a fait preuve d'une patience et d'une réactivité à toute épreuve. Quelques quiproquo malgré tout, quelques angoisses, mais finalement c'est tout bon. Et puis au moins je me suis remis à l'Anglais!!
Heureusement qu'il y a eu la crise économique qui est en train de terrasser leurs finances et leur monnaie. Pour info, on en a pour un peu plus de 2200 euros d'hébergement et de location de voiture pour les 14 jours. J'ai fait la transaction alors que le taux de change était optimal, à 1€ = 172,51 ISK (Couronne Islandaise). En 2008, avant la crise, le rapport monétaire donnait 1 € = 75 ISK. CQFD... Baisse de 56% des prix donc!
Maintenant que je sais où l'on va dormir, je vais pouvoir attaquer la préparation du road book, afin de savoir ce qui va remplir nos journées là bas.
Des amis nous ont prêté le Routard et le Petit Fûté. J'ai trouvé 3 blogs également forts intéressants sur le net, retraçant les différentes étapes de road trips en Islande. Et le must du must : j'ai réussi à récupérer sur le oueb des scans d'une carte topo au 1/300000ème de l'Islande. 16 scans en JPG, en assez bonne définition, couvrent l'ensemble de l'île. Je les ai assemblés sous Illustrator, et donc je vais pouvoir confectionner mon road book à partir de ce support on ne peut plus précis. J'aurais à la fois les distances kilométriques et la qualité du substra, mais également l'emplacement précis des centres d'intérêts. Ca me prend énormément de temps, mais le jeu en vaut la chandelle. Je veux minimiser le plus possible les aléas et les paramètres inconnus afin de profiter au mieux du séjour et d'optimiser au maximum le temps passé sur place.
Je fais donc pas mal de recherche, sur les lieux, les éléments à voir. Incontournables, touristiques, l'heure la plus propice pour s'y rendre, les conditions d'accès... Bref, autant de paramètres pour faire des choix, parce que tout ne pourra être vu ou visité..
J'attaque donc mon mémoire de Recherche de Master 3 intitulé "Quelles opportunités touristiques entres les 63 et 66èmes degrés nord?"
jeudi 4 mars 2010
C'est parti!!!!
Il y a 30 secondes environ je viens de cliquer sur l'onglet VALIDER du site de réservation de Iceland Air.
Anaïs et moi débarqueront donc à Keflavik le 10 août pour s'en mettre plein la vue 15 jours durant!!!!
J'ai coutume de dire qu'il ne faut pas rêver sa vie mais vivre ses rêves..
Pour moi, c'en est un qui va se réaliser dans 5 mois.
Crise économique aidant, le coût de la vie est devenu abordable. C'est pour cela qu'on a franchi le pas, sinon c'était vraiment hors de prix.
Je mettrais sur le blog différents posts relatant mes recherches, notre itinéraires, nos trouvailles, et bien sûr des infos sur la Terre de Feu.
5 mois... putain ça va être long!!!
Anaïs et moi débarqueront donc à Keflavik le 10 août pour s'en mettre plein la vue 15 jours durant!!!!
J'ai coutume de dire qu'il ne faut pas rêver sa vie mais vivre ses rêves..
Pour moi, c'en est un qui va se réaliser dans 5 mois.
Crise économique aidant, le coût de la vie est devenu abordable. C'est pour cela qu'on a franchi le pas, sinon c'était vraiment hors de prix.
Je mettrais sur le blog différents posts relatant mes recherches, notre itinéraires, nos trouvailles, et bien sûr des infos sur la Terre de Feu.
5 mois... putain ça va être long!!!
mercredi 17 février 2010
Une Yourte à Lentilly !!
Quoi? Où ça? Comment? Pourquoi??
C'est la neige, sûrement. Il doit faire trop froid par là-bas, ils viennent chez nous. Remarquez, avec le temps sibérien qu'il fait en ce moment à Lentilly, ils seront pas dépaysés au moins...
En effet... La yourte, c'est l'habitat traditionnel des populations d'Asie centrale, notamment au Kirghizstan, Kazakhstan et autre Karakalpakistan et Kikiristan(à mes souhaits!). Cette tente circulaire est en quelque sorte le pendant européen du tipi des Indiens d'Amérique. Comme ces derniers, les populations ayant adopté la yourte ne sont pas sédentaires. La relative rapidité à laquelle elle peut être démontée puis installée en a ainsi fait l'apanage des populations de nomades mongols et turcs.
Les nomades qui ont établi leur camp à Lentilly ce lundi 8 Février n'ont pas franchement l'air tout droit débarqués des contreforts de l'Oural. D'aucuns diront même qu'ils n'ont pas "1 tronche très mongolienne" ... N'empêche, mieux vaut se méfier. D'accord, les chevaux de Przewalski ont été remplacé par vans et remorques. Ok, le goudron sur lequel s'est posée la yourte n'a pas grand chose à voir avec la steppe sibéro-mongole. Et après??? Sitôt passée l'entrée de la yourte, nous voilà immergés dans un univers intimiste et chaleureux. Les nomades se transforment alors en hôtes hospitaliers (un comble, non?) poussant même le vice jusqu'à ... nous faire partager un thé préparé par leurs soins.
C'est ce rituel ancestral et typique qui a inspiré Saïlen Rose, Benoît Héliot et Matthieu Sampic en 2006. Membres de la compagnie Prise de Pied, ils ont imaginé un spectacle vivant, convivial, drôle et techniquement monstrueux (j'y reviendrai). Les deux premiers ont interrompu le spectacle pour une pause bébé et depuis travaillent sur d'autres pestacles. L'équipe actuelle est donc en place depuis la fin de l'année 2008, seul Matthieu est de l'aventure depuis le lancement.
J'ai eu le droit, l'aubaine, le privilège, que sais-je, de passer 4 jours à leurs basques pour réaliser un reportage. Je souhaitais élargir la focale qui aurait pu me faire me cantonner à la seule "photo de spectacle". Une telle approche est tout à fait nouvelle et inconnue pour moi. C'est la 1ère fois que je photographie de la sorte. Pour Lettres de Délation, j'avais contacté le comédien, mais au final, lors des prises de vue, j'étais noyé dans le public. Là, j'ai voulu aller plus loin, à la rencontre de ces artistes, de leur travail dans l'optique d'en rendre compte afin d'apporter un éclairage complémentaire sur leur performance scénique. En abordant ainsi l'Humain comme sujet photographique, je me mets un peu en danger, je ne me cache pas derrière l'appareil pour une fois. La contre-partie, c'est la possibilité de faire des rencontres, de mieux comprendre les personnes et de découvrir les facettes cachées de leur métier.
Même si je n'avais pas pris trop de risques d'être déçu (le monde du cirque, des troubadours et des saltimbanques m'attire et me passionne), je suis malgré tout tombé sur du gros. Du très très gros même. Abd al Malik ne trouverait rien d'autre à dire que "c'est du lourd. Du lourd.. Un truc de malade..." pour qualifier leur travail et leur existence. D'ailleurs, que pourrait-il dire d'autre devant ces 4 jeunes gens qui font rimer talent avec exigeant, travail avec bataille mais pour qui l'activité professionnelle réduit la vie personnelle à une ligne en pointillés...les aléas des programmations espaçant plus ou moins les lignes pleines. Malgré les difficultés matérielles, exacerbées par les conditions climatiques de ces 4 jours et la conjoncture actuelle loin d'être folichonne qui tend à transformer les intermittents en intermendiants, malgré tout cela donc, les membres de la compagnie Prise de pied ont la bonne humeur solidement chevillée au corps. Si le spectateur est émerveillé devant leur prestation sur scène, moi j'ai été subjugué par la richesse de ces 4 jeunes gens, de leur ressources physiques et mentales.
Je tiens donc à leur dire bravo, mais aussi merci..Merci pour ces moments partagés, pour ces bouts d'intimité qu'ils m'ont laissé leur voler, pour m'avoir accueilli, pour m'avoir fait m'évader 4 jours durant. Quand je leur ai dit au revoir jeudi matin, j'étais triste comme quand on quitte une colo, comme quand on sort d'un rêve magique et qu'on percute à peine que c'était pas réel.. Oui, c'est cela. 4 jours durant, j'étais dans un rêve avec 4 amis.
Pour toutes ces raisons, j'ai voulu que mon reportage soit un hommage tout autant qu'un témoignage.
Un hommage à leur bonne humeur, un témoignage de leur labeur
Un hommage à leur prestance, un témoignage de leur existence
Un hommage à leur vie de bohème, un témoignage de leurs problèmes
Un hommage à leur liberté, un témoignage de leur précarité
Un hommage à leur travail, un témoignage de leur bataille
Bref ...
Un hommage aux sourires qu'ils savent déclencher, un témoignage des difficultés qu'ils ont à surmonter
Le traitement de mes photos peut surprendre, choquer même peut être. Je voulais quelque chose de différent des clichés de ce spectacle qui ont été déjà réalisés par d'autres que moi. En quelque sorte, je voulais les remercier à ma façon, en laissant mon empreinte sur mes photos. Car comme mes mots, mes photos, telles que je les cadre, compose et traite sont très personnelles. C'est un moi profond qui s'exprime dans mes photos, traduisant en quelque sorte la façon dont j'ai vécu cette expérience avec la compagnie Prise de Pied.
Ainsi, au travers du traitement et l'approche un peu décalée voire déroutante qui en résulte, j'ai voulu suggérer dans mes clichés le caractère intemporel et universel que revêt Thé perché, mais aussi faire ressortir la bonne humeur récurrente qui pointe dans la noirceur du travail de ces intermittents combattants... Pour ne pas oublier qu'être un artiste c'est un métier et pas seulement un état d'esprit ou une lubie. Tout cela en ne faisant qu'effleurer, qu'éclairer de manière très ponctuelle leur spectacle. Je ne vais pas le résumer, je ne suis pas là pour ça. C'est juste pour vous donner envie d'aller leur rendre visite dans leur yourte..
Vu que j'ai beaucoup mitraillé, pendant pas loin de 20 heures, j'ai devant moi une foultitude de clichés. Le tri s'avère long bien qu'agréable, le choix s'avère cornélien. Quant au traitement, je veux qu'il aboutisse au rendu que j'imaginais lors de la prise de vue, correspondant tout pile poil à mes attentes... Cela implique un travail laborieux, un peu fastidieux, mais surtout méticuleux. La lenteur de mon Mac n'aidant pas, je ne finalise que quelques photos par jour.
Au regard de la matière de ce reportage, j'ai décidé de publier les photos et les textes au fur et à mesure. Vous revivrez ainsi chronologiquement les différents moments qui m'ont marqué pendant ces 4 jours, du montage de la yourte aux ultimes préparatifs, en passant par les répétitions et entrainements pour finalement déboucher sur le point d'orgue de ce reportage : la performance scénique elle-même.
J'espère que je provoquerai chez vous suffisamment d'intérêt, que mes photos et mes mots susciteront suffisamment de curiosité pour que chez vous pointe l'impatience qui vous amènera chaque jour avec empressement sur mon blog. Je vous le promets, chaque jour il y aura du thé dans vos verres. Oups, de quoi se mettre sous la dent, de nouvelles choses à découvrir, des photos à voir ou des lignes à lire...
Pour que ceux qui découvrent ce fil puissent suivre chronologiquement les apparitions, je vais avoir recours à un subterfuge technique. Le texte que vous venez de lire sera toujours en haut de page, il ne faut pas se fier aux dates de parution.. Les mises à jour se feront à la suite, en dessous. Pour y accéder, soit vous faites défiler, soit vous cliquer sur les titres dans la colonne de droite.. Vous pouvez également vérifier le nombre de posts relatifs au libellé Thé Perché qui se trouve toujours dans la colonne à droite de la page..
La suite demain ..

ouais, je sais, c'est dur, ça fait mal.. Mais pas la peine de crier, c'est comme ça que ça se passe..
C'est la neige, sûrement. Il doit faire trop froid par là-bas, ils viennent chez nous. Remarquez, avec le temps sibérien qu'il fait en ce moment à Lentilly, ils seront pas dépaysés au moins...
En effet... La yourte, c'est l'habitat traditionnel des populations d'Asie centrale, notamment au Kirghizstan, Kazakhstan et autre Karakalpakistan et Kikiristan(à mes souhaits!). Cette tente circulaire est en quelque sorte le pendant européen du tipi des Indiens d'Amérique. Comme ces derniers, les populations ayant adopté la yourte ne sont pas sédentaires. La relative rapidité à laquelle elle peut être démontée puis installée en a ainsi fait l'apanage des populations de nomades mongols et turcs.
Les nomades qui ont établi leur camp à Lentilly ce lundi 8 Février n'ont pas franchement l'air tout droit débarqués des contreforts de l'Oural. D'aucuns diront même qu'ils n'ont pas "1 tronche très mongolienne" ... N'empêche, mieux vaut se méfier. D'accord, les chevaux de Przewalski ont été remplacé par vans et remorques. Ok, le goudron sur lequel s'est posée la yourte n'a pas grand chose à voir avec la steppe sibéro-mongole. Et après??? Sitôt passée l'entrée de la yourte, nous voilà immergés dans un univers intimiste et chaleureux. Les nomades se transforment alors en hôtes hospitaliers (un comble, non?) poussant même le vice jusqu'à ... nous faire partager un thé préparé par leurs soins.
C'est ce rituel ancestral et typique qui a inspiré Saïlen Rose, Benoît Héliot et Matthieu Sampic en 2006. Membres de la compagnie Prise de Pied, ils ont imaginé un spectacle vivant, convivial, drôle et techniquement monstrueux (j'y reviendrai). Les deux premiers ont interrompu le spectacle pour une pause bébé et depuis travaillent sur d'autres pestacles. L'équipe actuelle est donc en place depuis la fin de l'année 2008, seul Matthieu est de l'aventure depuis le lancement.
J'ai eu le droit, l'aubaine, le privilège, que sais-je, de passer 4 jours à leurs basques pour réaliser un reportage. Je souhaitais élargir la focale qui aurait pu me faire me cantonner à la seule "photo de spectacle". Une telle approche est tout à fait nouvelle et inconnue pour moi. C'est la 1ère fois que je photographie de la sorte. Pour Lettres de Délation, j'avais contacté le comédien, mais au final, lors des prises de vue, j'étais noyé dans le public. Là, j'ai voulu aller plus loin, à la rencontre de ces artistes, de leur travail dans l'optique d'en rendre compte afin d'apporter un éclairage complémentaire sur leur performance scénique. En abordant ainsi l'Humain comme sujet photographique, je me mets un peu en danger, je ne me cache pas derrière l'appareil pour une fois. La contre-partie, c'est la possibilité de faire des rencontres, de mieux comprendre les personnes et de découvrir les facettes cachées de leur métier.
Même si je n'avais pas pris trop de risques d'être déçu (le monde du cirque, des troubadours et des saltimbanques m'attire et me passionne), je suis malgré tout tombé sur du gros. Du très très gros même. Abd al Malik ne trouverait rien d'autre à dire que "c'est du lourd. Du lourd.. Un truc de malade..." pour qualifier leur travail et leur existence. D'ailleurs, que pourrait-il dire d'autre devant ces 4 jeunes gens qui font rimer talent avec exigeant, travail avec bataille mais pour qui l'activité professionnelle réduit la vie personnelle à une ligne en pointillés...les aléas des programmations espaçant plus ou moins les lignes pleines. Malgré les difficultés matérielles, exacerbées par les conditions climatiques de ces 4 jours et la conjoncture actuelle loin d'être folichonne qui tend à transformer les intermittents en intermendiants, malgré tout cela donc, les membres de la compagnie Prise de pied ont la bonne humeur solidement chevillée au corps. Si le spectateur est émerveillé devant leur prestation sur scène, moi j'ai été subjugué par la richesse de ces 4 jeunes gens, de leur ressources physiques et mentales.
Je tiens donc à leur dire bravo, mais aussi merci..Merci pour ces moments partagés, pour ces bouts d'intimité qu'ils m'ont laissé leur voler, pour m'avoir accueilli, pour m'avoir fait m'évader 4 jours durant. Quand je leur ai dit au revoir jeudi matin, j'étais triste comme quand on quitte une colo, comme quand on sort d'un rêve magique et qu'on percute à peine que c'était pas réel.. Oui, c'est cela. 4 jours durant, j'étais dans un rêve avec 4 amis.
Pour toutes ces raisons, j'ai voulu que mon reportage soit un hommage tout autant qu'un témoignage.
Un hommage à leur bonne humeur, un témoignage de leur labeur
Un hommage à leur prestance, un témoignage de leur existence
Un hommage à leur vie de bohème, un témoignage de leurs problèmes
Un hommage à leur liberté, un témoignage de leur précarité
Un hommage à leur travail, un témoignage de leur bataille
Bref ...
Un hommage aux sourires qu'ils savent déclencher, un témoignage des difficultés qu'ils ont à surmonter
Le traitement de mes photos peut surprendre, choquer même peut être. Je voulais quelque chose de différent des clichés de ce spectacle qui ont été déjà réalisés par d'autres que moi. En quelque sorte, je voulais les remercier à ma façon, en laissant mon empreinte sur mes photos. Car comme mes mots, mes photos, telles que je les cadre, compose et traite sont très personnelles. C'est un moi profond qui s'exprime dans mes photos, traduisant en quelque sorte la façon dont j'ai vécu cette expérience avec la compagnie Prise de Pied.
Ainsi, au travers du traitement et l'approche un peu décalée voire déroutante qui en résulte, j'ai voulu suggérer dans mes clichés le caractère intemporel et universel que revêt Thé perché, mais aussi faire ressortir la bonne humeur récurrente qui pointe dans la noirceur du travail de ces intermittents combattants... Pour ne pas oublier qu'être un artiste c'est un métier et pas seulement un état d'esprit ou une lubie. Tout cela en ne faisant qu'effleurer, qu'éclairer de manière très ponctuelle leur spectacle. Je ne vais pas le résumer, je ne suis pas là pour ça. C'est juste pour vous donner envie d'aller leur rendre visite dans leur yourte..
Vu que j'ai beaucoup mitraillé, pendant pas loin de 20 heures, j'ai devant moi une foultitude de clichés. Le tri s'avère long bien qu'agréable, le choix s'avère cornélien. Quant au traitement, je veux qu'il aboutisse au rendu que j'imaginais lors de la prise de vue, correspondant tout pile poil à mes attentes... Cela implique un travail laborieux, un peu fastidieux, mais surtout méticuleux. La lenteur de mon Mac n'aidant pas, je ne finalise que quelques photos par jour.
Au regard de la matière de ce reportage, j'ai décidé de publier les photos et les textes au fur et à mesure. Vous revivrez ainsi chronologiquement les différents moments qui m'ont marqué pendant ces 4 jours, du montage de la yourte aux ultimes préparatifs, en passant par les répétitions et entrainements pour finalement déboucher sur le point d'orgue de ce reportage : la performance scénique elle-même.
J'espère que je provoquerai chez vous suffisamment d'intérêt, que mes photos et mes mots susciteront suffisamment de curiosité pour que chez vous pointe l'impatience qui vous amènera chaque jour avec empressement sur mon blog. Je vous le promets, chaque jour il y aura du thé dans vos verres. Oups, de quoi se mettre sous la dent, de nouvelles choses à découvrir, des photos à voir ou des lignes à lire...
Pour que ceux qui découvrent ce fil puissent suivre chronologiquement les apparitions, je vais avoir recours à un subterfuge technique. Le texte que vous venez de lire sera toujours en haut de page, il ne faut pas se fier aux dates de parution.. Les mises à jour se feront à la suite, en dessous. Pour y accéder, soit vous faites défiler, soit vous cliquer sur les titres dans la colonne de droite.. Vous pouvez également vérifier le nombre de posts relatifs au libellé Thé Perché qui se trouve toujours dans la colonne à droite de la page..
La suite demain ..

ouais, je sais, c'est dur, ça fait mal.. Mais pas la peine de crier, c'est comme ça que ça se passe..
dimanche 14 février 2010
Présentation de l'équipe
Aujourd'hui c'est la prise de contact avec la troupe. J'avais eu le "chef" au téléphone quelques jours auparavant, rien de plus. Lundi 8 février donc. 13h50 à une vache près. Rencontre du 3ème type avec une espèce en voie de disparition : les intermittents du spectacle...
Quatre des membres de la compagnie Prise de pied sont là. Il faut savoir que les artistes ne sont pas exclusivement liés à une compagnie spécifique. Dans le cas présent, les 4 acolytes travaillent sur des projets annexes, ayant plus ou moins de lien avec le concept qui anime Thé perché.
Trêve de palabres, attaquons les présentations.
Commençons par Matthieu, maître des lieux puisque dépositaire des clefs du temple.

Formé à l'IGTS (Institut Grenoblois des Techniciens du Spectacle), il est le régisseur en chef, mais touche tout autant sa bille en termes de compétences saltimbantesques. Son projet professionnel a pour le moins du génie et de la classe. Excusez du peu : sorti de l'école, il monte une association qui, avec quelques milliers d'euros, achète une yourte (LA yourte) ainsi que du matos son et lumière. Objectif : se "louer", lui et sa yourte, au plus offrant, Oups, au plus attirant scéniquement et éthiquement, en vue d'intégrer des projets artistiques. C'est ainsi qu'il rejoint la compagnie Prise de pied et participe à l'émergence de Thé perché avec Saïlen et Benoît en 2006. Ca cogite sévère dans sa carlingue!!
Comme je l'ai dit, il prend part à d'autres aventures. En avril 2007, il a ainsi été bourlingué 2 semaines durant avec la compagnie Tallaron pour accueillir sous sa yourte Franck Adrien jouant Novecento Pianiste. Ces noms vous disent quelque chose? C'est normal, Franck Adrien a joué ce spectacle à Lentilly dans le cadre de la saison culturelle le 28 novembre 2009. Le monde (artistique) est petit...
2nd larron à présent. J'ai nommé el signor Christophe, pour vous servir.

Mac Gyver de service avec sa frontale Petzl en quasi permanence autour du coup (je n'ose imaginer où il irait dû ranger une torche Maglite...). Il est au taquet, le sourire vissé sur le visage, pour que les tracas techniques soient réduits au silence. A l'instar de Matthieu, Tof' a une formation de technicien du spectacle, mais aussi de comédien, et maitrise bien entendu un bon nombre de bases circassiennes. Il tourne avec d'autres compagnies, comme régisseur ou comme acteur. Au fin fond de sa tête, bien caché, un projet. Un spectacle de marionnettes. De tout coeur, j'espère pour lui qu'il se réalisera. Inch Allah comme on dit là bas!
Les 2 derniers éléments de la troupe, je vous les présente ensembles tant ils sont indissociables, tant leur complémentarité est à souligner. Tout le temps fourrés ensemble. Tout le temps en train de monter l'un sur l'autre. Drôle d'idée... Vous découvrirez dans quelques jours pourquoi.


Gwen et Vincent se sont connus à l'école du cirque de Lyon, à Ménival. Ils y ont chauffé les locaux pendant une dizaine d'années en "loisirs". Je mets des guillemets pour suggérer le caractère tout relatif de la dimension loisir que devait revêtir leur activité à l'époque vu leur niveau à l'heure actuelle. Ils devaient y être tellement souvent que dans leur esprit a germé l'idée saugrenue d'en faire un métier. Direction Lille pour une formation professionnelle de 3 ans donc. Depuis 1 an et demi, ils sont officiellement des artistes, avec le statut d'intermittents du spectacle...
Pour couper court à toute élucubration et au risque de déplaire aux aficionados de love story rose guimauve, Gwen et Vincent ne sont pas unis dans la vie. Point à la ligne, chapitre clos, question suivante!! Mais tant qu'on est dans le registre potin potin ascendant ragot tendance commère, j'aimerais évoquer quelque chose qui m'a frappé chez eux. Les 3 hommes sont en couple avec une artiste/personne assimilée gravitant dans la sphère artistique (pas la même hein, une chacun). Ainsi, Matthieu s'est enamouraché d'une chargée de communication d'un théâtre qui travaille par ailleurs dans une compagnie tandis que Vincent a décidé de se faire tirer le portrait par sa peintre de copine. Quant à Christophe, papa d'un bout de choux et demi (ou 3 quarts, je sais pas..), sa dulciné n'est rien d'autre que la moitié avec laquelle il envisage son spectacle de marionnettes.
Un sacré microcosme donc que ce monde du spectacle, qui fait office d'agence matrimoniale dans laquelle les sensibilités et les spécialités s'entremêlent et s'entrecroisent, s'entrechoquent dans un catalyseur intellectuel mettant en synergie la créativité de chacun au profit de l'émulation artistique.
Et Gwen dans tout ça? Bah, Gwen c'est une dame. Or la bienséance interdit de demander à une dame si quelqu'un occupe son coeur et ses pensées. Sérieusement, avec Gwen il y a eu plus de distance. Sans doute parce qu'effectivement c'est une fille et qu'il est plus facile pour moi d'être avenant avec des mecs. Cela a généré une certaine pudeur dans mon approche. Le fait qu'il n'y ait pas eu de proximité immédiate avec elle contrairement aux trois autres s'explique aussi par son accueil que je me hasarde à qualifier de froid. C'est tout à fait subjectif, mais lors de la prise de contact, j'ai ressenti une certaine méfiance dans ses yeux que j'ai imaginé suspicieux. Tout l'après-midi au boulot j'ai gambergé, appréhendant la séance du lendemain. Peur de la gêner. Peur de prendre trop de place. Peur de la brusquer. Peur qu'elle ressente une intrusion dans son univers. Avec pas mal d'appréhension donc, pas loin de l'angoisse pour être honnête, je suis arrivé sur la pointe des pieds, me faisant le plus discret possible. Puis, je me suis approché. De plus en plus. Visiblement, ma présence était tolérée. Finalement, un sourire a fait voler en éclats mes craintes. Gwen m'avait finalement adopté et venait de m'adresser un bon d'entrée dans son monde à elle.
De ce laps de temps durant lequel on s'est mutuellement apprivoisé a résulté la distance que j'évoquais précédemment. Il n'empêche, ce n'est pas parce que les liens ne sont pas exacerbés qu'ils sont inexistants. Non, je peux vous assurer que le respect et l'amitié que je voue à Gwen sont tout aussi réels et solides que si notre complicité avait été visible et extravertie. Il en est de même pour les trois autres membres de la compagnie. Notre rencontre et nos échanges n'ont pas donné lieu à une effusion de sentiments, à une proximité exubérante. C'est le cas dans bien des relations humaines : il faut se méfier de ce qui est exposé. Les liens les plus solides et indéfectibles sont également les moins perceptibles...
Lundi (demain c'est dimanche, donc repos!), si vous êtes au rendez-vous, vous découvrirez les coulisses du montage. Ou comment le parking du centre d'animation s'est transformé en contreforts du Kikiristan oriental!!
Quatre des membres de la compagnie Prise de pied sont là. Il faut savoir que les artistes ne sont pas exclusivement liés à une compagnie spécifique. Dans le cas présent, les 4 acolytes travaillent sur des projets annexes, ayant plus ou moins de lien avec le concept qui anime Thé perché.
Trêve de palabres, attaquons les présentations.
Commençons par Matthieu, maître des lieux puisque dépositaire des clefs du temple.

Formé à l'IGTS (Institut Grenoblois des Techniciens du Spectacle), il est le régisseur en chef, mais touche tout autant sa bille en termes de compétences saltimbantesques. Son projet professionnel a pour le moins du génie et de la classe. Excusez du peu : sorti de l'école, il monte une association qui, avec quelques milliers d'euros, achète une yourte (LA yourte) ainsi que du matos son et lumière. Objectif : se "louer", lui et sa yourte, au plus offrant, Oups, au plus attirant scéniquement et éthiquement, en vue d'intégrer des projets artistiques. C'est ainsi qu'il rejoint la compagnie Prise de pied et participe à l'émergence de Thé perché avec Saïlen et Benoît en 2006. Ca cogite sévère dans sa carlingue!!
Comme je l'ai dit, il prend part à d'autres aventures. En avril 2007, il a ainsi été bourlingué 2 semaines durant avec la compagnie Tallaron pour accueillir sous sa yourte Franck Adrien jouant Novecento Pianiste. Ces noms vous disent quelque chose? C'est normal, Franck Adrien a joué ce spectacle à Lentilly dans le cadre de la saison culturelle le 28 novembre 2009. Le monde (artistique) est petit...
2nd larron à présent. J'ai nommé el signor Christophe, pour vous servir.

Mac Gyver de service avec sa frontale Petzl en quasi permanence autour du coup (je n'ose imaginer où il irait dû ranger une torche Maglite...). Il est au taquet, le sourire vissé sur le visage, pour que les tracas techniques soient réduits au silence. A l'instar de Matthieu, Tof' a une formation de technicien du spectacle, mais aussi de comédien, et maitrise bien entendu un bon nombre de bases circassiennes. Il tourne avec d'autres compagnies, comme régisseur ou comme acteur. Au fin fond de sa tête, bien caché, un projet. Un spectacle de marionnettes. De tout coeur, j'espère pour lui qu'il se réalisera. Inch Allah comme on dit là bas!
Les 2 derniers éléments de la troupe, je vous les présente ensembles tant ils sont indissociables, tant leur complémentarité est à souligner. Tout le temps fourrés ensemble. Tout le temps en train de monter l'un sur l'autre. Drôle d'idée... Vous découvrirez dans quelques jours pourquoi.


Gwen et Vincent se sont connus à l'école du cirque de Lyon, à Ménival. Ils y ont chauffé les locaux pendant une dizaine d'années en "loisirs". Je mets des guillemets pour suggérer le caractère tout relatif de la dimension loisir que devait revêtir leur activité à l'époque vu leur niveau à l'heure actuelle. Ils devaient y être tellement souvent que dans leur esprit a germé l'idée saugrenue d'en faire un métier. Direction Lille pour une formation professionnelle de 3 ans donc. Depuis 1 an et demi, ils sont officiellement des artistes, avec le statut d'intermittents du spectacle...
Pour couper court à toute élucubration et au risque de déplaire aux aficionados de love story rose guimauve, Gwen et Vincent ne sont pas unis dans la vie. Point à la ligne, chapitre clos, question suivante!! Mais tant qu'on est dans le registre potin potin ascendant ragot tendance commère, j'aimerais évoquer quelque chose qui m'a frappé chez eux. Les 3 hommes sont en couple avec une artiste/personne assimilée gravitant dans la sphère artistique (pas la même hein, une chacun). Ainsi, Matthieu s'est enamouraché d'une chargée de communication d'un théâtre qui travaille par ailleurs dans une compagnie tandis que Vincent a décidé de se faire tirer le portrait par sa peintre de copine. Quant à Christophe, papa d'un bout de choux et demi (ou 3 quarts, je sais pas..), sa dulciné n'est rien d'autre que la moitié avec laquelle il envisage son spectacle de marionnettes.
Un sacré microcosme donc que ce monde du spectacle, qui fait office d'agence matrimoniale dans laquelle les sensibilités et les spécialités s'entremêlent et s'entrecroisent, s'entrechoquent dans un catalyseur intellectuel mettant en synergie la créativité de chacun au profit de l'émulation artistique.
Et Gwen dans tout ça? Bah, Gwen c'est une dame. Or la bienséance interdit de demander à une dame si quelqu'un occupe son coeur et ses pensées. Sérieusement, avec Gwen il y a eu plus de distance. Sans doute parce qu'effectivement c'est une fille et qu'il est plus facile pour moi d'être avenant avec des mecs. Cela a généré une certaine pudeur dans mon approche. Le fait qu'il n'y ait pas eu de proximité immédiate avec elle contrairement aux trois autres s'explique aussi par son accueil que je me hasarde à qualifier de froid. C'est tout à fait subjectif, mais lors de la prise de contact, j'ai ressenti une certaine méfiance dans ses yeux que j'ai imaginé suspicieux. Tout l'après-midi au boulot j'ai gambergé, appréhendant la séance du lendemain. Peur de la gêner. Peur de prendre trop de place. Peur de la brusquer. Peur qu'elle ressente une intrusion dans son univers. Avec pas mal d'appréhension donc, pas loin de l'angoisse pour être honnête, je suis arrivé sur la pointe des pieds, me faisant le plus discret possible. Puis, je me suis approché. De plus en plus. Visiblement, ma présence était tolérée. Finalement, un sourire a fait voler en éclats mes craintes. Gwen m'avait finalement adopté et venait de m'adresser un bon d'entrée dans son monde à elle.
De ce laps de temps durant lequel on s'est mutuellement apprivoisé a résulté la distance que j'évoquais précédemment. Il n'empêche, ce n'est pas parce que les liens ne sont pas exacerbés qu'ils sont inexistants. Non, je peux vous assurer que le respect et l'amitié que je voue à Gwen sont tout aussi réels et solides que si notre complicité avait été visible et extravertie. Il en est de même pour les trois autres membres de la compagnie. Notre rencontre et nos échanges n'ont pas donné lieu à une effusion de sentiments, à une proximité exubérante. C'est le cas dans bien des relations humaines : il faut se méfier de ce qui est exposé. Les liens les plus solides et indéfectibles sont également les moins perceptibles...
Lundi (demain c'est dimanche, donc repos!), si vous êtes au rendez-vous, vous découvrirez les coulisses du montage. Ou comment le parking du centre d'animation s'est transformé en contreforts du Kikiristan oriental!!
Emergence de yourte
Lundi 13h30. La troupe attaque la partie sans doute la moins agréable de la tournée : le montage de la Yourte.. Il fait froid, le soleil annoncé par Météo France est bien bien caché. Tellement qu'on arrive pas à le voir. Mais au moins, il ne tombe rien, ni pluie ni neige.
En 1er lieu, il convient de vider les vans et les remorques. Je donne la main, on essaie de disposer toutes les caisses avec une certaine logique : cables, décor, costumes, outils....
Ensuite, on étale la base, façon bâche à camion plastifiée. Elle permet d'isoler la structure de l'humidité et (un peu) du froid émanant du sol. L'équipe cherche l'endroit adéquat pour la déposer, c'est à dire le plus plat possible. Cette base, c'est le diamètre de la yourte. Ca me semble rikiki. On tient à 80 là dedans??
La bâche étalée, on pose les 2 portes, diamétralement opposées. On déploie alors les treillis en bois, en les fixant entre eux et aux portes par l'intermédiaire de lanières en cuir.

Pendant que les 3 hommes aidés par 2 intérimaires s'occupent du laçage, Gwen s'attèle au montage de l'échafaudage.

Sur cet échafaudage, Christophe et Vincent vont hisser la roue en bois qui constitue la structure supérieure de la yourte. C'est son toit en quelque sorte. D'humeur taquine, Gwen fait remarquer qu'elle n'a pas serré les vis papillon. Les 2 larrons étaient d'ores et déjà en haut de l'échaffau(dage). Mais bon, ça n'a pas l'air de les déranger plus que ça. Une fois la roue calée en haut sur leurs têtes, ils ont entamé une conversation métaphysique dont les tenants et aboutissants m'ont malheureusement échappé!

Il faut faire assez vite à ce moment là. Mine de rien, la roue pèse son poids, et l'équilibre des 2 est un peu précaire là-haut. Les personnes au sol s'attèlent donc rapidement à stabiliser la roue en hauteur. Comme pour les tipi, l'armature se compose de tiges qui, une fois harnachées, s'auto-équilibrent. Quand 9 d'entre elles sont enfin fixées, la situation est considérée comme stable. Christophe et Vincent redescendent parmis nous.

Il faut alors consolider la structure en installant les autres tiges. 80 en tout, reliant les treillis à la roue.

C'est un peu long, et le froid n'arrange pas les choses : les doigts endoloris transforment la fixation des lanières en chemin de croix.

14h45 : je dois partir, j'attaque le boulot à 15h.. Dur dur de concilier les 2, j'ai l'impression de courir partout, sans arrêt.
Je laisse la troupe poursuivre le montage. Avec l'entraînement, ils arrivent à finaliser le montage de la yourte, les installations électriques et le décor en 4 heures. Ce jour-ci ils finiront vers 17h. Une fois que les treillis et les tiges sont unifiés, l'armature est consolidée et auto-équilibrée. Il convient alors de dresser les murs. Des panneaux de feutre trouvent leur place sur les parois, se fixant sur les treillis et les tiges. La yourte est alors isolée de la lumière et du froid (si si, je vous l'assure!!). Il est également nécessaire de recouvrir le tout d'une toile imperméable et solide, un peu moins épaisse que la bâche au sol. C'est le garant de l'imperméabilité de la yourte. A partir de là, la phase critique est passée. La troupe débute le travail en intérieur, finalisant l'installation des décors mais aussi de la régie son et lumière..
Hormis quelques petites frayeurs générées par l'instabilité des branchements électriques, pas de mauvaise surprise. Si peut être une : malgré les précautions qui ont pu être prises, la pente du substra a généré une inclinaison certaine du toit de la yourte, mais aussi du sol. Imperceptible pour moi, mais pas pour Vincent et Gwen. Problématique pour les représentations. Il faudra faire avec et prendre sur soi. Mais le plus important est atteint: le public peut être accueilli, le spectacle se fera dans des conditions qui passeront pour optimales aux yeux des spectateurs..
En 1er lieu, il convient de vider les vans et les remorques. Je donne la main, on essaie de disposer toutes les caisses avec une certaine logique : cables, décor, costumes, outils....
Ensuite, on étale la base, façon bâche à camion plastifiée. Elle permet d'isoler la structure de l'humidité et (un peu) du froid émanant du sol. L'équipe cherche l'endroit adéquat pour la déposer, c'est à dire le plus plat possible. Cette base, c'est le diamètre de la yourte. Ca me semble rikiki. On tient à 80 là dedans??
La bâche étalée, on pose les 2 portes, diamétralement opposées. On déploie alors les treillis en bois, en les fixant entre eux et aux portes par l'intermédiaire de lanières en cuir.

Pendant que les 3 hommes aidés par 2 intérimaires s'occupent du laçage, Gwen s'attèle au montage de l'échafaudage.

Sur cet échafaudage, Christophe et Vincent vont hisser la roue en bois qui constitue la structure supérieure de la yourte. C'est son toit en quelque sorte. D'humeur taquine, Gwen fait remarquer qu'elle n'a pas serré les vis papillon. Les 2 larrons étaient d'ores et déjà en haut de l'échaffau(dage). Mais bon, ça n'a pas l'air de les déranger plus que ça. Une fois la roue calée en haut sur leurs têtes, ils ont entamé une conversation métaphysique dont les tenants et aboutissants m'ont malheureusement échappé!

Il faut faire assez vite à ce moment là. Mine de rien, la roue pèse son poids, et l'équilibre des 2 est un peu précaire là-haut. Les personnes au sol s'attèlent donc rapidement à stabiliser la roue en hauteur. Comme pour les tipi, l'armature se compose de tiges qui, une fois harnachées, s'auto-équilibrent. Quand 9 d'entre elles sont enfin fixées, la situation est considérée comme stable. Christophe et Vincent redescendent parmis nous.

Il faut alors consolider la structure en installant les autres tiges. 80 en tout, reliant les treillis à la roue.

C'est un peu long, et le froid n'arrange pas les choses : les doigts endoloris transforment la fixation des lanières en chemin de croix.

14h45 : je dois partir, j'attaque le boulot à 15h.. Dur dur de concilier les 2, j'ai l'impression de courir partout, sans arrêt.
Je laisse la troupe poursuivre le montage. Avec l'entraînement, ils arrivent à finaliser le montage de la yourte, les installations électriques et le décor en 4 heures. Ce jour-ci ils finiront vers 17h. Une fois que les treillis et les tiges sont unifiés, l'armature est consolidée et auto-équilibrée. Il convient alors de dresser les murs. Des panneaux de feutre trouvent leur place sur les parois, se fixant sur les treillis et les tiges. La yourte est alors isolée de la lumière et du froid (si si, je vous l'assure!!). Il est également nécessaire de recouvrir le tout d'une toile imperméable et solide, un peu moins épaisse que la bâche au sol. C'est le garant de l'imperméabilité de la yourte. A partir de là, la phase critique est passée. La troupe débute le travail en intérieur, finalisant l'installation des décors mais aussi de la régie son et lumière..
Hormis quelques petites frayeurs générées par l'instabilité des branchements électriques, pas de mauvaise surprise. Si peut être une : malgré les précautions qui ont pu être prises, la pente du substra a généré une inclinaison certaine du toit de la yourte, mais aussi du sol. Imperceptible pour moi, mais pas pour Vincent et Gwen. Problématique pour les représentations. Il faudra faire avec et prendre sur soi. Mais le plus important est atteint: le public peut être accueilli, le spectacle se fera dans des conditions qui passeront pour optimales aux yeux des spectateurs..
Under the snow
La neige a fait son apparition. Elle est tombée
en abondance depuis le milieu de la nuit de lundi à mardi et toute la journée durant. C'est chouette, ça rajoute du folklore à la dimension onirique du spectacle. On serait presque pris d'empathie pour la yourte qui vit ici son baptême du froid, son examen d'entrée dans la taïga sibérienne puisqu'à ce jour, jamais elle ne s'était drapée dans un blanc manteau neigeux.

N'empêche. Les flocons ont beau conférer un aspect magique à la yourte qu'on imagine toute droit sortie de Mongolie, ils ont tendance à compliquer les choses. Mise en place nécessaire d'un système D pour ne pas rentrer des tonnes de neige à l'intérieur. Le froid s'immisce dans la yourte et dans les corps. L'humidité frappe les tissus et les articulations. Dur dur donc. L'entrainement, que vous découvrirez demain, se tiendra donc finalement à l'intérieur du Centre d'Animation.
en abondance depuis le milieu de la nuit de lundi à mardi et toute la journée durant. C'est chouette, ça rajoute du folklore à la dimension onirique du spectacle. On serait presque pris d'empathie pour la yourte qui vit ici son baptême du froid, son examen d'entrée dans la taïga sibérienne puisqu'à ce jour, jamais elle ne s'était drapée dans un blanc manteau neigeux.

N'empêche. Les flocons ont beau conférer un aspect magique à la yourte qu'on imagine toute droit sortie de Mongolie, ils ont tendance à compliquer les choses. Mise en place nécessaire d'un système D pour ne pas rentrer des tonnes de neige à l'intérieur. Le froid s'immisce dans la yourte et dans les corps. L'humidité frappe les tissus et les articulations. Dur dur donc. L'entrainement, que vous découvrirez demain, se tiendra donc finalement à l'intérieur du Centre d'Animation.
samedi 13 février 2010
A l'écoute de son corps
Gwen et Vincent m'ont laissé pénétrer leur univers, m'ont autorisé à entrer dans leur bulle. Ce cocon, c'est leur espace, leur réponse à la spécificité de leur statut faisant qu'ils n'ont aucun lieu de travail mais une infinité d'endroits où travailler.

Cette bulle les isole de leur environnement direct, fait de bruits et de tracas. Silence et concentration sont les barrières qu'ils ont érigées afin de se prémunir des perturbations. Aucune intrusion ne doit être envisageable durant leur préparation.
La séance commence par un petit échauffement puis une longue série d'étirements. Une certaine plénitude enveloppe Gwen et Vincent. Très calmes, ils s'assouplissent, se détendent et s'étirent. A l'écoute de chaque articulation, de chaque muscle, du corps dans son ensemble,


Ce corps, c'est leur outil de travail. Il faut donc le choyer, le ménager, le préserver des blessures. Lorsque je leur demande s'ils ont déjà été confrontés à une situation délicate suite à une sollicitation trop importante de leur organisme, tous 2 m'indiquent que la tendinite n'est jamais loin. La douleur en embuscade, prête à surgir à la moindre inattention, à la moindre erreur, à chaque faux pas. Tous les deux s'accordent néanmoins sur le fait que lors d'interruptions prolongées la reprise se revèle systématiquement problématique voire douloureuse. Les exercices doivent donc être complets et suivre un rythme et une intensité réguliers.
Dans une ambiance douce dans laquelle flotte comme un parfum zen, les étirements se poursuivent, la souplesse est travaillée

Les deux artistes s'attardent sur les parties de leur corps les plus sollicitées. Pour Vincent, le dos m'a semblé être au centre de ses attentions tout comme ses épaules. Quant à Gwen, ce sont ses pieds et ses poignets qu'elle a longuement massés.


Fin de la préparation corporelle, place à la technique désormais. Mais pas maintenant, demain...

Cette bulle les isole de leur environnement direct, fait de bruits et de tracas. Silence et concentration sont les barrières qu'ils ont érigées afin de se prémunir des perturbations. Aucune intrusion ne doit être envisageable durant leur préparation.
La séance commence par un petit échauffement puis une longue série d'étirements. Une certaine plénitude enveloppe Gwen et Vincent. Très calmes, ils s'assouplissent, se détendent et s'étirent. A l'écoute de chaque articulation, de chaque muscle, du corps dans son ensemble,


Ce corps, c'est leur outil de travail. Il faut donc le choyer, le ménager, le préserver des blessures. Lorsque je leur demande s'ils ont déjà été confrontés à une situation délicate suite à une sollicitation trop importante de leur organisme, tous 2 m'indiquent que la tendinite n'est jamais loin. La douleur en embuscade, prête à surgir à la moindre inattention, à la moindre erreur, à chaque faux pas. Tous les deux s'accordent néanmoins sur le fait que lors d'interruptions prolongées la reprise se revèle systématiquement problématique voire douloureuse. Les exercices doivent donc être complets et suivre un rythme et une intensité réguliers.
Dans une ambiance douce dans laquelle flotte comme un parfum zen, les étirements se poursuivent, la souplesse est travaillée

Les deux artistes s'attardent sur les parties de leur corps les plus sollicitées. Pour Vincent, le dos m'a semblé être au centre de ses attentions tout comme ses épaules. Quant à Gwen, ce sont ses pieds et ses poignets qu'elle a longuement massés.


Fin de la préparation corporelle, place à la technique désormais. Mais pas maintenant, demain...
vendredi 12 février 2010
Place à la technique
Je vous l'ai dit lors des présentations : Gwen et Vincent aiment se grimper dessus. Rien de moralement répréhensible. Non, cela s'explique par le fait que leur spécialité ce sont les portés...
Cette discipline exige une rigueur permanente et une discipline irréprochable. Lors de leur formation, les 2 artistes ont "bouffé" du physique et de la technique poussée à son paroxysme. Depuis, le rythme est moins soutenu mais demeure intense. Pour avoir un ordre d'idée, hors scène, il faut compter 3 heures de pratique quotidiennement.
En guise de mise en jambe, tous 2 exécutent quelques équilibres.


Entrons maintenant dans le vif du sujet: des enchaînements techniques qu'il faut répéter ou s'approprier. Les figures sont exécutées, répétées, rererépêtées... encore et toujours. Inlassablement. Jusqu'à ce que l'enchaînement de mouvements atteigne la perfection et que la fluidité soit optimale. Sur scène, rien ne peut être approximatif. Pas de place au hasard, tout doit être maîtrisé. Sur scène, aucune erreur n'est possible.



La tension est palpable entre les 2. Chacun exige de l'autre une attention de tous les instants et que la maîtrise de sa technique soit irréprochable. L'appréhension et la crainte se transforment parfois en peur au moment de lancer une figure difficile qui ne passe pas encore sans accros. Une tension compréhensible, des angoisses légitimes. Si Vincent n'assure pas parfaitement son porté ou sa réception, Gwen chutte. Freine avec les dents. Ou se réceptionne la tête la première. A l'inverse, le moindre mouvement décalé de Gwen, que ce soit dans l'espace ou dans le temps peut s'avérer fatal à Vincent. Un appui trop rapide ou mal positionné, une réception mal dosée et les muscles se contractent plus qu'ils ne le devraient... dans le meileur des cas. Au pire, l'onde de choc se propage jusqu'au dos et aux épaules.

Au final, quelques frayeurs, pas mal de remontrances
-"Gwen... Gwen.. non.. non ... mais non Gwen!!"
-"J'y peux rien... C'est inconscient.."
-"Arrête-toi, Freud il a rien à voir là-dedans"
Mais rien de grave. On peut donc attaquer les répet' dans la Yourte. Venez demain, je vous y ferai entrer. Vincent et Gwen y ont déjà un pied, le regard fixé sur l'objectif. Pas le mien, le leur : la représentation qui a lieu le soir-même. Ne pas se disperser d'ici-là, rester concentrer...

Cette discipline exige une rigueur permanente et une discipline irréprochable. Lors de leur formation, les 2 artistes ont "bouffé" du physique et de la technique poussée à son paroxysme. Depuis, le rythme est moins soutenu mais demeure intense. Pour avoir un ordre d'idée, hors scène, il faut compter 3 heures de pratique quotidiennement.
En guise de mise en jambe, tous 2 exécutent quelques équilibres.


Entrons maintenant dans le vif du sujet: des enchaînements techniques qu'il faut répéter ou s'approprier. Les figures sont exécutées, répétées, rererépêtées... encore et toujours. Inlassablement. Jusqu'à ce que l'enchaînement de mouvements atteigne la perfection et que la fluidité soit optimale. Sur scène, rien ne peut être approximatif. Pas de place au hasard, tout doit être maîtrisé. Sur scène, aucune erreur n'est possible.



La tension est palpable entre les 2. Chacun exige de l'autre une attention de tous les instants et que la maîtrise de sa technique soit irréprochable. L'appréhension et la crainte se transforment parfois en peur au moment de lancer une figure difficile qui ne passe pas encore sans accros. Une tension compréhensible, des angoisses légitimes. Si Vincent n'assure pas parfaitement son porté ou sa réception, Gwen chutte. Freine avec les dents. Ou se réceptionne la tête la première. A l'inverse, le moindre mouvement décalé de Gwen, que ce soit dans l'espace ou dans le temps peut s'avérer fatal à Vincent. Un appui trop rapide ou mal positionné, une réception mal dosée et les muscles se contractent plus qu'ils ne le devraient... dans le meileur des cas. Au pire, l'onde de choc se propage jusqu'au dos et aux épaules.

Au final, quelques frayeurs, pas mal de remontrances
-"Gwen... Gwen.. non.. non ... mais non Gwen!!"
-"J'y peux rien... C'est inconscient.."
-"Arrête-toi, Freud il a rien à voir là-dedans"
Mais rien de grave. On peut donc attaquer les répet' dans la Yourte. Venez demain, je vous y ferai entrer. Vincent et Gwen y ont déjà un pied, le regard fixé sur l'objectif. Pas le mien, le leur : la représentation qui a lieu le soir-même. Ne pas se disperser d'ici-là, rester concentrer...

jeudi 11 février 2010
On entre dans la yourte ...
Gwen et Vincent s'attèlent à répéter encore quelques fois les enchaînements qu'ils viennent d'effectuer dans le centre d'animation pour se mettre en condition. Ils s'imprègnent de cet environnement qu'ils connaissent par coeur mais qu'il faut à chaque fois apprivoiser. La pente, l'espace, l'éclairage... Il faut reprendre ses repères. Se ré-approprier la scène. Faire de nouveau sien cet espace.



Tout passe. Vincent me fait remarquer qu'ils se laissent une marge technique dans ce qu'ils exécutent sur scène par rapport à ce qu'ils seraient en mesure de réaliser. Ce matelas technique, c'est leur filet de sécurité.




C'est ainsi un moyen de diminuer la pression: les 2 artistes ne ressentiront pas d'angoisse sur scène à l'approche d'un enchaînement difficilement maîtrisé. Ce rôle de soupape qui évacue la pression, la séance de maquillage le tient aussi. Mais je n'en dirais pas plus aujourd'hui. Il va vous falloir revenir demain...




Tout passe. Vincent me fait remarquer qu'ils se laissent une marge technique dans ce qu'ils exécutent sur scène par rapport à ce qu'ils seraient en mesure de réaliser. Ce matelas technique, c'est leur filet de sécurité.




C'est ainsi un moyen de diminuer la pression: les 2 artistes ne ressentiront pas d'angoisse sur scène à l'approche d'un enchaînement difficilement maîtrisé. Ce rôle de soupape qui évacue la pression, la séance de maquillage le tient aussi. Mais je n'en dirais pas plus aujourd'hui. Il va vous falloir revenir demain...

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