mardi 1 mai 2012

Les visages du "vrai travail"

Pour la première fois, j'ai participé à une manif' du 1er mai. Motivé par l'entre deux tours de la présidentielle, et surtout par un violent désir de m'ériger, à mon humble niveau, contre les énormités prononcées par le président candidat, contre cette tendance ignoble de stigmatiser les franges de la population les plus fragiles, les plus syndiquées, les plus à gauches, les plus colorées, les plus immigrées, les plus je ne sais quoi encore. Ma démarche photographique est assez claire : je souhaitais immortaliser ceux qui défilent, dévoiler la diversité des visages de ceux qui incarnent le vrai travail. La pluralité des visages, qu'ils soient burinés, marqués par des années de labeurs et de lutte syndicale ou bien symbole d'une jeunesse encore naïve et insouciante. Parce que la France est multiple, j'ai voulu montrer la diversité des visages qui la composent et que l'on retrouve dans un cortège d'un 1er Mai. Des visages d'anarchistes, d'écologistes, de familles, de jeunes, de moins jeunes, d'ouvriers, de cadres.. J'ai même croisé la chirurgienne qui va s'occuper de mon petit homme...

J'ai un bon moment hésité quand j'ai dû choisir l'optique qui allait m'accompagner pendant cette manif'. 50 ou 35 mm? J'ai opté pour le 35, pour m'obliger à me coller au sujet tout en ayant un peu de champ autour, et galérer un peu moins pour la mise au point. Le parti pris photographique est assumé : pas de photo d'ambiance, mais un point de vue constant, à hauteur de sujet et à une distance assez proche. Je me suis un peu fait violence, en y allant comme une brute, en me calant face aux personnes et en déclenchant. J'ai des fois hésité, mais c'était injustifié. Aucune reproche, aucun regard noir.. Ce n'est pas un reportage, le parti pris est assumé, le regard partiel et partial. Mais c'est ma démarche perso, ma vision à moi du "vrai travail"




Afghan








 
Le CGTiste guidant le peuple


























Pour finir, je citerai celui qui chaque fois pose des mots justes sur mes photos :
 

"Il y a dans ces photos l'esprit que j'ai ressenti dans la manif à laquelle j'ai participé : espérances et inquiétudes, bonheur d'être ensembles, goût retrouvé pour l'action collective et fraternelle, implication personnelle pour le bien commun, métissage des peaux, des attentes et des opinions... Toute cette diversité réunie avec l'envie et l'énergie de vivre mieux."
Come

mercredi 25 avril 2012

Sur le parvis de l'opéra

Dans ce milieu plutôt masculin, une fille..
Hypnotisé, j'ai pas mal tourné autour d'elle afin de capter son regard et immortaliser sa présence et sa prestance. Et finalement, j'ai été exaucé..

Errance en ville

Pour une fois, j'ai shooté à la volée, sans que le sujet sache que je le photographie... Sentiment mitigé, j'ai un peu honte. L'impression d'être un peu voyeur. Donc je reste loin. pas assez proche, mais intrusif malgré tout.. dur donc. Le cul entre deux chaises, un peu ni fait ni à faire..
Un passager..

samedi 7 avril 2012

Patrice Kalla















Deux invités :

Steve Waring



Paul Pons

dimanche 1 avril 2012

Arnaldur Indriðason




Il y a deux ans, quand j'ai réservé nos billets pour l'Islande, j'ai attaqué les recherches sur cette contrée magique. Et pour me mettre dans le bain, me familiariser avec l'ambiance de ce pays, j'ai dévoré les bouquins de ce monsieur qu'un ami m'avait très judicieusement prêtés... (merci à lui au passage!)

Arnaldur Indriðason, était ce week end à Lyon, au Palais du Commerce dans le cadre du festival Quais du Polar. Je lui ai tiré le portrait un peu à l'arrache, mon petit bout de 2 mois et demi en tétée surveillée et avec une lumière pas follichonne.

C'était très chouette de pouvoir approcher celui qui nous a fait voyager mentalement en terre de feu avant que l'on puisse découvrir en vrai ces paysages imaginés.

samedi 24 mars 2012

Révélation

Samedi 24 mars. J'attendais impatiemment cette date pour me rendre au Karnaval Humanitaire, une convention de jonglerie et de slack.

Je me gare à la Feyssine et me rend sur les lieux de la rencontre en longeant les voies de tram et en me promenant dans le campus de la Doua. Je repère un terrain de basket, bien urbain, au milieu des tags et des immeubles en randoignons.

Drôle d'ambiance dans cette convention qui n'en porte que le nom, où les rencontres ne sont observées que sur les affiches. Des groupes parsemés, dans leur bulle, vautrés dans des canapés, ou en train de jongler, mais "entre eux". Dur. Je m'approche, je tente quelques photos. Les regards d'australopithèques qui me sont adressé me refroidissent. J'ai attendu, patiemment, que ça se décante, mais woualou que dalle.

Tout penaud, me voilà reparti. Mais mine de rien, mes pas me ramènent vers ce terrain de basket.. Plusieurs jeunes sont présents, en train de disputer des rencontres sur les 4 demi-terrains. Je m'approche, j'entre dans cette bulle.

Piouf, la claque... ça joue, ça bouge, sans cris. une vitesse folle dans le jeu, pas de fautes ou très peu, pas de discussion sur l'auto-arbitrage, pas de râleries, pas de chambrage, pas de violence..que du dépassement de soi. du sport quoi..

Et qui joue? Des jeunes. de différents bords, de différentes couleurs, de différentes origines, de différents quartiers, de différentes religions aussi peut-être..Juste là, ensembles, pour jouer. Les conduites de balles sont un peu perso peut-être, comme pour maintenir l'individu visible dans ce jeu collectif, mais l'essentiel est ailleurs. Chacun est là avec ces spécificité, avec son identité, et évolue comme il le souhaite au milieu et au contact des autres.. Au final, ça fait un match de basket, où tout le monde a donné de soi pour le groupe, où le dépassement de soi s'intègre dans une démarche personnelle mais aussi collective.

Une claque. Une révélation. Loin de tout ce tapage médiatique qui nous fait regarder avec suspicion l'Autre (l'autre couleur, l'autre religion, l'autre parti politique..), ces joueurs m'ont rappelé que oui c'était possible de vivre ensemble, tous différents mais tous ensemble.

Une claque. Je suis rentré sur le terrain avec ces à priori de l'Ouest Lyonnais que malheureusement j'intègre pernicieusement. Bêtement, je m'attendais à voir de la violence physique et verbale sur ces terrains de basket. Et bah non. woualou que dalle. alors j'en ai pris plein les mirettes, et suis reparti tout guilleret, les stéréotypes rangés au fond du slip.. putain que ça fait du bien!!

Merci à eux..


















vendredi 20 janvier 2012

réflexions sur la photographie

"Il vaut mieux ne pas être invisible et assumer pleinement son statut de photographe. Pour inspirer confiance, il faut être conscient de son rôle et de la légitimité de photographe qui vous pousse à faire une photo. Si vous avez l'air sûr de vous, - jamais - vous ne vous attirerez des ennuis ou des commentaires désobligeants même en situation très délicate. Bref, être photographe dans sa tête avant de l'être dans la rue et s'assumer comme tel!"
François Stanislas


“I am not objective. I show what's going on, I speak my mind, I am human. You can feel my anger, my questions. There is no propaganda, my pictures tell the truth. I photograph the emotions.”
Stanley Greene


"La photographie est une brève complicité entre la prévoyance et le hasard"
John Stuart Mill


"Si ta photo n'est pas bonne, c'est que tu n'étais pas assez prés"
"La guerre c'est comme une actrice qui vieillit : de plus en plus dangereuse et de moins en moins photogénique"
"Les photos sont là, et il ne te reste plus qu'à les prendre"
Robert CAPA


"Vous n'avez pas besoin d'aller chercher les photos, la matière est généreuse. Vous sortez de chez vous et les photos sont là à vous regarder fixement"
Lee Friedlander


"Photographier c'est mettre sur la même ligne de mire la tête, l'oeil et le coeur. c'est une attitude, une façon d'être, une manière de vivre"
"La composition doit être une de nos préoccupations constantes, mais au moment de photographier elle ne peut être qu'intuitive, car nous sommes aux prises avec des instants fugitifs où les rapports sont mouvants."
"Le Temps court et s'écoule et notre mort seule arrive à le rattraper. La Photographie est un couperet qui dans l'éternité saisit l'instant qui l'a éblouie."
"S'il n'y a pas d'émotion, s'il n'y a pas un choc, si on ne réagit pas à la sensibilité, on ne doit pas prendre de photo. C'est la photo qui nous prend."
Henri Cartier Bresson


"Il faut garder des jardins secrets, ne pas tout piétiner. Ce n'est pas vrai qu'il faut tout montrer, ce n'est pas vrai. Il faut garder toujours un espace préservé par la pudeur mais qui est pour les autres un espace de rêve dans lequel ils vont pouvoir bâtir.. L'image doit être une graine qui va germer dans l'esprit de l'autre, alors il faut laisser du jeu, et ne pas décrire, mais suggérer..."
 Robert Doisneau

"Une photographie, c'est un fragment de temps qui ne reviendra pas".
Martine Franck


"Il faut aimer la solitude pour être photographe"
"Il faut être aggressif avec soi-même et discret avec les gens qu'on photographie"
Raymond Depardon

mardi 15 novembre 2011

Jean Pierre. 63 ans. Brigade Verte depuis un an. Discret. Timide. Il m'a laissé entrer dans sa bulle. Fatigué par le froid et ce travail qui use. Fatigué. Mais souriant.



mardi 8 novembre 2011

Manoeuvre incendie

Binôme d'attaque

samedi 1 octobre 2011

Dans l'intimité des Bisons Ravis

A quelques encablures du début de leur spectacle, ils m'ont ouvert leur univers, leur bulle de concentration. J'ai essayé de me faire tout petit, pour ne pas déranger, pour ne pas gêner. J'ai tenté de capté la tension de l'instant, la concentration du moment, cette atmosphère tellement spécifique aux minutes précédant l'entrée en scène.

Le maquillage est la première étape, longue, minutieuse. Répétée, re répétée, c'est le socle à partir duquel vont émerger les personnages..







Arrive ensuite l'installation du micro. Pas le droit à l'erreur, la discrétion ne doit pas nuire à la qualité de la fixation





Dernières vérifications.. je sens que les artistes entrent peu à peu dans la peau de leurs personnages.





Ca y est, les trois protagonistes du pestacle sont arrivés :

Follavril (Amandine Roques)



Le Major (Laurent Secco)



J'ai beaucoup hésité sur le rendu, alors je mets également la version Noir et Blanc


Chantal (Isabelle Canosi)






Petit exutoire dans la pénombre de l'arrière salle.. Dans quelques secondes, la troupe fera son entrée sur scène..



Ce cliché est je crois mon préféré de la série. Malgré la mise au point plus que défaillante, il permet d'approcher au plus près de l'artiste, de ressentir l'atmosphère du moment, l'espace empli de silence et de concentration